Samedi 23 février 2008 6 23 /02 /Fév /2008 14:45
Dans la collection Vents Contraires/VOIX éditions
 
 
 
 
-Selon vous, M.Demarcq, pourquoi Rimbaud
a-t-il cessé d’écrire ?
 
-Selon moi, M.Journaliste, parce que la poésie
ne le faisait plus rigoler, mais plus du tout…ses
écrits de commerçant le suggèrent.
 
-Alors, pourquoi ces tableaux d’après ?
 
-Comme un rappel : il n’est de poésie qu’à s’en
moquer ; et sans doute n’est-il de Rimbaud que
pour railler mes variations.
 
-Qui sont pour le moins primitiv…-istes.
 
-Si le réel, M. Journal, prime sur la littérature…
 
-Mais Rimbaud était cultivé !
 
-Lire n’empêche pas la vie ; ça peut même aider
à ne pas s’en laisser conter par les discours d’époque.
 
-Vous préférez vos franches fictions ?
 
-Pour que les choses soient claires !
 
______________________________
 
112 pages ; format 14 x21
prix : 15euros (port compris)
 
Commande et règlement à :
Alain Helissen 53 rue de l’Entente 57400 Sarrebourg
(chèque à l’ordre d’Alain Helissen)
 
-extraits-
 
Cher Rimbe,
 
Je t’écris de la jeune Oise, tu t’en souviens ? À genoux dans la bruyère : gazon sans fleurs, ormeaux, sapins, noisetiers, dans un brouillard d’après-midi tendre et vert. Débrouillard, n’as-tu donc trouvé personne pour te tendre un verre, que tu t’en es allé voir Chypre, Alexandrie, le Yémen, l’Ethiopie ? Le désert, c’est ici, Arthur, les sables vierges, tu l’as écrit. À quoi bon péripler sous les tropiques ? Avec les attentes aux aéroports, les guides malpolyglottes, les tracasseries des autorités, et les chambrières douteuses, à la nuit… J’ai lu tes lettres, chère âme. Suis passé par chez ta mère et ta sœur, ai marché toute la journée. À présent je rêvasse, vautré dans l’herbe en bordure de la forêt de Saint-Michel. Non loin, la rivière roule ignorée, en des vaux, des vaches, dévotions étranges, avec l’abbaye proche.
Attends que je me lève. L’Oise n’est pas encore bien large ni profonde. Juste une jeunette qui se tortille à mes pieds, telle une promise ; pas la gaillarde poursuivie par les péniches en rut de Gonflans-Sainte-Honorine ! À Hirson, un peu plus bas, elle reçoit son premier fiancé, qui s’appelle rien moins que le Gland. (…)
*
 
Aller où boivent les vaches, marmonnais-tu. Mais viens-y donc en Thiérache ! T’attrapes l’Oise à Conflans. Tu laisses Auvers à Vincent et ses corbeaux. Puis c’est Creil, Compiègne, etc. La première vache que t’aperçois, paissant pesamment au bord de l’eau et fientant fière tous les vingt pas : t’y es ! race d’oiseau voyageur.
Demande-lui donc où je me cache, à la vache. Elle secoue ses oreilles, pleine d’un lent rythme d’haleine. Elle tire une longue, jusqu’aux narines, langue rose-yaourt à la framboise. Et elle gambille un pas de valse, gazelle à panse d’éléphant. Puis de ses grands yeux vagues, elle te regarde, et tourne sa jolie tête au hasard de quelque part.
-         Là-bas, sous le pommier ? te demandes-tu.
-         HHOON…est sa réponse.
-         Sous le charme alors, près de la haie ?
-         HONHOON.
Voilà ce que bavent les vaches, Arthur. Avec tous leurs tuyaux de ruminants, les vaches…vont communiquant. (…)
Par Alain Helissen - Publié dans : Collection Vents Contraires
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

  • : Le blog de Alain Helissen
  • Le blog de Alain Helissen
  • : BLOG littéraire, ascendance "poésie". Vous y trouverez une présentation des ouvrages d'Alain Helissen mais aussi des ouvrages publiés dans la collection "Vents Contraires" qu'il anime chez VOIX éditions/Richard Meier. Actualités également du cycle de rencontres poétiques "Pontiffroy-Poésie" à la médiathèque du Pontiffroy à Metz. Et infos diverses.Liste des recueils et revues chroniqués.
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Calendrier

Août 2014
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés