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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 20:59

Dans la collection Vents Contraires-VOIX éditions-Richard Meier
dirigée par Alain Helissen

 


Béatrice Machet


DER DE DRE

Comme der de der, la dernière de toutes les guerres... et l'on sait bien que depuis cette fameuse guerre le monde n'est plus que bombardements, massacres, viols, tortures, déportations, camps, exodes, murs et frontières, ..... comme dernière époque d'une planète terre habitable puisque polluée et surpeuplée
Der de dre pour jouer avec les verbes et les néologismes qui au-delà du jeu donnent force et régénèrent l'usure du vocabulaire
der comme ouvert
dre comme fermé
der inaugure
dre répète et décale, offre l'écart dans lequel le sens et la langue vivent d'une autonomie nouvelle
Passer de der à dre pour renverser le mouvement de l'entropie, enrayer son mode de relation qui dévoie.
Der et dre pour conserver la capacité de s'insurger et de s'émerveiller, malgré ce qu'on a vécu, ce qu'on vit, ce qu'on sait du monde comme il va.

Béatrice Machet vit dans le Var. Son goût de l'écriture lui vient de la danse. Publiée dans de nombreuses revues, elle se produit beaucoup sur scène en collaboration avec des artistes de toutes les disciplines. Elle traduit également des auteurs américains de descendance « indienne ». On a pu lire, dans cette même collection, No borders du poète Abenaki Joseph Bruchac.


ISBN 2-914640-80-3
EAN 9782914640800

Format : 14 x 21 cm
84 pages ; prix : 13 euros franco de port
Commande et règlement (par chèque à l'ordre d'Alain Helissen)
à :
Alain Helissen
53 rue de l'Entente
57400 Sarrebourg

  
DER DE DRE, Béatrice Machet ; Col. Vents Contraires, VOIX éditions.

"Il eut la "der de der" (encore dénommée "grande guerre") puis il y eut Auschwitz et les autres atrocités du second conflit mondial. Des intellectuels se sont alors interrogés sur la possibilité de continuer à écrire de la poésie après de telles horreurs. B. Machet, à sa manière, reprend cette problématique et répond par l'affirmative. Mais suite à ce questionnement, la poésie ne saurait revêtir le même visage qu'auparavant.
Jouant des assonances, les néologismes (dont le plus heureux me semble être le "poéxister "page 42) , les inversions de lettres, créant presque un néolangage, B.Machet donne également à ses vers une configuration comme torturée, jouant avec audace sur l'interpellation - la reconquête, pourrait-on dire - de l'ensemble du miroir de page. Certes, elle exige de son lecteur un effort continu de réinterprétation, -elle est aussi traductrice, ceci pouvant expliquer cela -, tout en lui fournissant ça et là quelques indices bienvenus, mais cet effort de lecture ne permet que mieux de faire saisir tout le travail d'écriture poétique qui fut le sien. Parce comme elle l'écrit elle-même, la tâche de la poéie consiste à proposer : "pas de message mais du sens" (page 31).

Jean Grin
(paru en Suisse)

 


Alain Girard

DE L'OLIVE 

L'olive régulera comme baume, onguent, un champ d'énergie, elle sera foraine, car elle ose encore le voile d'une métaphore, d'un désir. Désir de donner à la langue son jus, sa pulpe - ô infimes -mais jus, mais pulpe pour qui la veulent goûter. Elle transporte, par émission de saveur. Elle échappe parfois quand on la veut saisir. Elle est l'ovale difficile à attraper, l'ogive furtive, voire le suppositoire aléatoire... Elle rebondit et c'est peut-être dans le rebond de la langue, par un coup de dents qu'il faut la voir mourir, la voir nourrir... Attention ! C'est un fruit à noyau ! C'est une drupe !

 

Alain Girard, né en 1958, vit et travaille à Nantes. Nombreuses publications en revues. Il a été membre du comité de rédaction de « Glyphes » et co-fondateur de la revue « Skriva » (1985-1995). Dernier ouvrage paru : « La langue en rouleau avalé », MeMo, 2002.

 

ISBN 2-914640-79-X
EAN 9782914640764

Format : 14 x 21 cm ; 80 pages ;
Prix : 13 euros franco de port
Commande
et règlement (par chèque bancaire à l'ordre d'Alain Helissen)
à :

Alain Helissen, 53 rue de l'Entente 57400 Sarrebourg

alain.helissen@tele2.fr
http://alainhelissen.over-blog.com
http://www.voixeditions.com

 

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 16:50


Alain HELISSEN


Pas vu, pas pris


Mon premier livre enfermé dans une boîte d'allumettes !
C'est une nouvelle collection que vient de lancer Richard Meier au sein de ses éditions VOIX.
Vous ouvrez une véritable boîte d'allumettes et en sortez un petit livre en accordéon. Rangement minimal garanti.

Pas vu, pas pris se rapporte à l'aliénation télévisuelle.
Pour y échapper, ne suffit-il pas d'appuyer « Off » et d'aller voir ailleurs, par exemple dans cette petite boîte d'allumettes ?

« J'ai coupé, coupé son et image. Pas envie de me coltiner une fiction de plus. »

 

Pas vu, pas pris
VOIX éditions

Livre d'artiste imagé.(texte et collages couleurs)
Format : boîte d'allumettes
Tirage : 200 exemplaires
Prix5 euros franco de port
(règlement par chèque à l'ordre d'Alain Helissen)
Commande à :
Alain Helissen
53 rue de l'Entente
57400 Sarrebourg

contact : alain.helissen@live.fr
http://alainhelissen.over-blog.com

Découvrez d'autres auteurs et artistes (dont Bernard Heidsieck, Jean-Louis Vila, Luis Darocha, Roger Cosme Estève, Anne Filipp...) dans d'autres boîtes d'allumettes chez VOIX éditions.
http://www.voixeditions.com
Une animation de "pas vu, pas pris", est visible sur le site de VOIX éditions, en fin de la rubrique "allumettes"

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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 21:07


Alain Helissen

 

Le « V » de la Voie Lactée

Illustrations et mise en page de Luis Darocha


Après le succès intergalactique de l' « O » de la vOie lactée, voici le « V », suite d'une saga qui se poursuivra jusqu'à l'épuisement des lettres de la Voie Lactée.


"Vis-à-vis de la voie lactée l'homme ressemble à une minuscule poussière terrestre animée d'intentions belliqueuses."

 


Editions 13/XIII
Collection Denkmal

en 2 volumes

chaque volume : 24 pages illustrées en couleurs
imprimé sur papier Poussière de soleil

Format : 11 x 15,5 cm
Tirage limité à 50 exemplaires
épuisé

 

 

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 21:13

Vous, ami de quel réel ?

Vous

  êtes interpellé d'entrée de jeu, pour que vous ne vous  contentiez pas de vous co/gner peut-être le/dos au mur, mais trouviez l'envie de sauter celui-ci et d'aller voir les "choses" après et de prendre part à un tel au-delà, d'autant que le funeste pourrait bien paraître. Peut-être mis à côté de vous qui vous cogner(iez) le dos au mur laisse entendre un retournement si jamais vous vous montrez timoré...
Alain Helissen incrimine ce vous, qui joue votre rôle, le sien et/ou le rôle du sujet lisant, et, par sa répétition continue, s'engage de l'un à l'autre dans la dénonciation des moyens d'expression (qui) tendent à devenir (quand ils ne le sont pas devenus encore - insidieusement sinon) des moyens d'oppression (selon les propos de Jacques Prévert en son temps). Et, pour mieux montrer que cette ingurgitation d'informations ou d'ersatz d'informations procède d'un comportement automatique, une sorte de consentement forcément libre puisque librement forcé, voir des images qui (vous) parlent sans avoir à vous dire quelque chose, en omettant trop de réfléchir, de s'interroger sur ce quelque chose, lequel a pu être placé à travers un flou presque total, et de tourner sa langue plus de sept fois, persuadé d'être ami de longue date du réel et de vivre une vie embellie par ce dernier (mais, est-ce le dernier ?), entré dans le film des phrases fabriquées pour vous qui vous atteint dès lors de psittacisme en vot' patois, en exhibition...
Semblable à ce "brave homme" (*), le zut(iste) Charles Cros, mais conscient que vous/c'est bien / vous / (votre distinction vis-à-vis)/ des autres vous / de votre espèce, donc...nous, en somme, endormi(s) sur (no)tre identité, qui pourtant devrions ne pas/plus (faire) les petites marionnettes, mâ/che(r) (mal) (n)os mots, boulet/ sur l'estomac, l'auteur débraille le langage, lui cause des écornures, pour donner évidence à un colportage du prêt-à-dire, du "prêt-à-penser" et d'attitudes convenues - une tendance a tempera, tant ce mode de vie nouveau (novel fashion rétorquent des "bien-pensants", "qui ne peuvent pas être pensants tout court" ajouterait Roger Martin du Gard-(**) repose sur une maldonne, car c'est le jeu de ces mêmes "bien-pensants" qui est joué, et, vous, vous / pensez courbe / épinglez fourbe * finissez tourbe...
Interpellé,
pour ne pas finir ainsi,
à l'auge de l'humaine condition,
refusez,
refusez que,
votre place vous (soit) acquise

(*) Cf. Charles Cros, Le coffret de Santal, Poésie/Gallimard Ed.
(**) Roger Martin du Gard, in Jean Barois, Gallimard Ed.

Jeanpyer Poëls
publié dans Diérèse N°41, juillet 2008.

Le rappel des titres, par Alain Helissen
éd. Les Deux-Siciles
80 pages ; 10 euros

exemplaire dédicacé disponible chez l'auteur:
contact : alain.helissen@tele2.fr

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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 16:08
 

Alain Helissen


Une phrase quelconque

- extrait -
Une phrase d'apparence quelconque peut provoquer des réactions inattendues et parfois d'une violence non contenue chez celui qui l'aura prise pour une phrase particulièrement agressive à son égard. On peut dire ainsi qu'une phrase d'apparence quelconque est susceptible de déclencher une guerre ou, à échelle plus réduite, de provoquer un meurtre.


Livre d'artiste
Le 29ième de la collection « pamphlet »

Aux éditions L'ANE QUI BUTINE
Linogravure originale de Xtof Le Bienheureux
Livré avec un sachet contenant des
« mots de vermicelle francophone et piments particuliers »
tiré à 44 exemplaires numérotés de 01 à 44
prix : 7 € (rajouter 0, 87 € de frais de port)

épuisé

Site des éditions L'âne qui butine :
link

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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 09:18
La collection Vents Contraires(VOIX éditions) vient de publier, en sortie simultanée, deux nouveaux ouvrages :


Germain ROESZ    


Bistrot lorgnette !
Bistrot lorgné


Il faut donner le principe de ces textes : être à un endroit (pour moi c'est généralement un bistrot).
Lire, enchaîner les mots rencontrés. Noter. Parfois un mot est pris au loin, au plus loin, puis, je retourne (le regard) à la table du bistrot pour un autre mot noté dans la mémoire inconsciente. Pour un autre fragment. Parfois lire à l'envers, décrypter. Lire à la limite de la myopie. Je n'invente pas. Ce que je ne vois pas je ne le note pas (c'est perdu). L'exercice est difficile. De l'attention. De la concentration. Les bruits alentour disparaissent. Parfois passe un bus, les panneaux publicitaires bougent. Des mots dans des miroirs, au travers des vitres.
Même cette notation échappe au réel. Les mots zappent, zippent, je dérape sur les mots. Les mots râpent sur moi.
Parfois je me contorsionne pour voir un mot, le mot. Le serveur me regarde d'un drôle d'air. Juste noter ce qu'on voit comme mot inquiète. Noter l'inquiétude.
Parfois le mot s'impose.
Enfin.
G.R.

ISBN 2-914640-76-5
EAN 9782914640763
80 pages ; format 14 x 21
prix : 13 € port compris
COMMANDE
à adresser à Alain Helissen 53 rue de l'Entente 57400 Sarrebourg


NOM___________________________Prénom_____________________________________

ADRESSE__________________________________________________________________

 

Commande exemplaire(s) de bistrot lorgnette ! bistrot lorgné pour un montant de...

(règlement par chèque à l'ordre de Alain Helissen)


David CHRISTOFFEL


TRACTIONS WAH-WAH


Après la guerre, celui qui s'était pris pour le général pendant tout le temps n'a pas laissé là son goût de la conquête. Il trompait le temps son ennui son génie à enrôler l'ennemi.

Là-dessus, un chef de service peut fonctionner comme un général.

D'autant mieux décalqués, les soldats de part et d'autre se retapaient des nouveaux critères de fatigue. Pendant ce temps, les pianistes avaient toujours autant l'air de ne pas regarder les poètes polémologues.
______________

David Christoffel fait des opéras parlés : Le Déchante-Merdier en 1999, Goulu pas parterre en 2002, Le Fin fond en 2003, Lamento sans les poils en 2005, La Cigale et la Cigale en 2008.
Compositeur, il collabore à ARTE radio, aux ACR de France Culture, aux résidences de Tapage Nocturne sur France-Musique et surtout à des radios libres.
Chercheur, il travaille à l'EHESS sur Satie.
Poète, il publie dans les revues Doc(k)s, CCP, Il Particolare, Action restreinte...
L'intégralité de sa production est indexée à l'adresse : http://www.dcdb.fr

ISBN 2-914640-75-7
EAN 9782914640756
80 pages ; format 14 x 21 cm
Prix : 13 € port compris

COMMANDE
à adresser à : Alain HELISSEN 53 rue de l'Entente 57400 Sarrebourg


NOM_____________________Prénom___________________________________________

ADRESSE__________________________________________________________________

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commande......exemplaire(s) de Tractions wah-wah pour un montant de.......euros.
(à régler par chèque à l'ordre de Alain Helissen)


article d'Olivier Quintyn 
publié dans CCP N°17, mars 2009.

Depuis son opéra parlé Le Déchante-Merdier (199), adapté du livre de Jacques-Henri Michot  Un abc de la barbarie, l'oeuvre déjà abondante de Christoffel se déploie avec une belle ampleur et le souci constant de faire se conjoindre, dans le même espace de questionnement, le travail textuel, la poésie sonore et la plastique musicale. Les moyens mis en oeuvre ne sont toutefois pas ceux de la surenchère technique, ni ceux de l'addition effrénée des modes opératoires propres à chaque pratique réinvestie. Dans ses partitions pour piano inspirées par des textes de Tarkos, on ne trouvera nulle trace d'esthétique post-IRCAM, ni même de déconstruction kagelo-cagienne du système de notation musical ; à peine des suggestions de jeu pour le pianiste, dans la lignée du Satie de Sports et divertissements, viennent-elles accentuer le caractère tantôt fantaisiste, tantôt modulaire et répétitif, de la ligne phrastique, souvent affranchie de la densité de la pâte-mot  tarkossienne. Cette même démarche, sous le signe du suranné productif, préside à l'opus textuel Tractions Wah-Wah, du nom de la pédale d'effet vocalisante appliquée à la guitare : encadrés de prose, fragments de réflexions sur la musique et éclats de vers dessinent une écriture narquoise et distante vis-à-vis du contemporain.

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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 10:13
Retrouvez des extraits de my life on horseback-back to Gary Cooper en lisant la dernière lettre de La Faction Mauricette aux oeillets. Il s'agit là de quelques pensées fulgurantes qu'eut Gary Cooper lors de ses nombreux  bivouacs dans la Grande Prairie.
Un petit livre d'artiste, bivouacs
 (éd. XIII/13, illustrations de Luis Darocha) reprend certaines de ces pensées.Voir dans la rubrique "l'oeuvre". Il ne reste que quelques exemplaires de bivouacs, à me commander d'urgence !

http://faction-mauricetteauxoeillets.org
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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 21:18
David  Christoffel a consacré un article à  fragments du carnage de Jérôme Bertin publié en ligne sur le site plexus-s. Cet article est également visible sur le présent blog, à la suite de la présentation du livre de Jérôme Bertin (Col. Vents Contraires).
Par ailleurs, David Christoffel va publier très prochainement un livre dans la collection Vents Contraires (VOIX éditions).
à bientôt,
A.H.
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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 09:46

MÊME, NOUS.


Nous vivons en étroite connivence d'esprit. Nous pensons à peine différemment. Pour un peu, nous nous retirerions mutuellement les mots de nos bouches respectives. Nous remplissons les mêmes formulaires, les mêmes listes de courses, les mêmes mots fléchés, les mêmes salles d'attente, les mêmes stades, les mêmes lieux à la ronde. Nous nous inscrivons dans une grande fraternité appelée « mondialisation ». Nous nous reproduisons à l'identique en forniquant sur des draps immaculés. Notre sperme est interchangeable. Nous prononçons chaque jour les mêmes mots, parfois dans un même ordre, parfois dans un ordre différent. Nous avons appris à confectionner des phrases qui sont le ciment de nos pensées communes. Nous nous partageons le plus équitablement possible un espace dans lequel nous respirons et expirons à une cadence égale. À un bouton près, nous portons des chemises similaires. Nous nous ressemblons tellement qu'il nous arrive de nous prendre l'un pour l'autre. Nous pensons que les différences de tous ordres dont certains veulent nous affubler ne sont en réalité qu'autant de tentatives maladroites destinées à nous dresser les uns contre les autres. Nous sommes fondamentalement semblables, autant physiquement que mentalement. Les nuances qu'on pourrait relever ne remettent pas en question nos similitudes profondes de bipèdes humanoïdes à cerveau pensant. Nous marchons, nous courrons, nous roulons à bicyclette, en scooter, à moto, en voiture, en fauteuil roulant, en trottinette, nous prenons le train, le métro, le tram, l'avion, le bateau. Nous nous déplaçons tous d'un point à un autre. Nous mangeons, buvons, déféquons, roupillons, copulons, travaillons, jouons, temps-librions. Nous sommes d'un monde ancien qui nous colle aux semelles. Nous inventons les mêmes outils, habitons les mêmes demeures, regardons les mêmes films, lisons les mêmes livres, écoutons les mêmes musiques, assistons aux mêmes spectacles, votons les mêmes irresponsables politiques, aimons les mêmes femmes, les mêmes enfants,. Nous sommes pareillement libres et égaux. Tous beaux et laids, grands et petits, jeunes et vieux, hommes et femmes, intelligents et abrutis, riches et pauvres, pétant la santé et malades à crever, drôles et sinistres, intellectuels et manuels, bons et méchants, guerriers et pacifistes, comiques et tragiques, philosophes et marchands. Nous sommes nos miroirs réciproques. Nous sommes la réplique exacte de Dieu sur Terre. Nous nous contenons les uns les autres. Nous sommes l'un et le multiple, je et nous. Nous sonnons aux portes pour entrer en nous-même. Nous nous échangeons. C'est du pareil au même. Du kif-kif bourricot. Du « same » à tout vent !

Alain Helissen
texte inédit

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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 15:43
J'ai lu la narration vous change la vie et je vous en remercie vivement.
Je suis sensible à la variation et à la richesse virtuelle qui se multiplie à chaque actualisation. Il n'y est question ni de vérité - au sens univoque où nous l'entendons -, ni de son contraire. A mi-distance entre le roman réaliste et le roman de science-fiction, la vérité, avec vous, recule à mesure que nous avançons.
J'aime ce dispositif où les rôles s'inversent (j'ai d'ailleurs composé il y a vingt ans une longue nouvelle - ou un petit roman - intitulée Journal du narrateur).
On peut d'ailleurs comprendre le titre, la narration vous change la vie, comme une antiphrase : "la vie vous change la narration". Par exemple (car il y a plusieurs antiphrases possibles) : vous êtes écrivain et vous êtes en train d'écrire un roman quand soudain, au détour d'une crise (on pourrait s'interroger sur celle-ci), vous voilà en pleine discussion avec votre personnage. Vous êtes donc devenu un personnage, un peu décalé et plus ou moins inutile. Mais qui est l'auteur à présent ? Y a-t-il d'ailleurs encore un auteur ? Nul ne le sait. Alors entre un écrivain ayant perdu son statut d'écrivain et un auteur inconnu, comment voulez-vous que le récit s'en sorte ? Il ne s'en sortira justement pas.
Votre livre est une série de fragments de récits. Comme les pierres multicolores du kaléidoscope, qui s'assemblent en configurations abstraites et lumineuses. Chaque configuration change sans cesse en une autre - les instants de stabilité sont si précaires -, et chaque pierre est virtuellement pour nous, lecteur, source d'un démarrage possible d'aventure. D'ailleurs, nous pourrions être cet écrivain qui s'est recyclé comme personnage. Je n'ai pas encore interrogé l'identité du "vous" dans le titre. Mais il ne fait aucun doute que, deux soirs durant, ce "vous" fut moi, et que ma vie bascula pour rebondir de scène en scène cent trente-neuf pages durant.
Merci donc encore à vous pour ces stimulants moments de lecture.

Bruno Cany, lettre manuscrite datée du 15/12/2007.
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Published by Alain Helissen - dans L'oeuvre
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Présentation

  • : Le blog de Alain Helissen-Poésie
  • Le blog de Alain Helissen-Poésie
  • : BLOG de "poésie". Vous y trouverez une présentation des ouvrages d'Alain Helissen mais aussi des ouvrages publiés dans la collection "Vents Contraires" qu'il animait chez VOIX éditions/Richard Meier jusqu'en 2010. Actualités également du cycle de rencontres poétiques "Pontiffroy-Poésie"qu'il coanime avec Vincent Wahl à la médiathèque Verlaine (Pontiffroy) à Metz. Et infos diverses.Liste des recueils et revues chroniqués.Liste d'ouvrages de poésie (d'occasion) mis en vente, Présentation de nombreux livres d'artiste réalisés seul ou, le plus souvent, en duo avec un(e) plasticien(ne).
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