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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 13:43
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Alain HELISSEN
 
Hygiène
éd. de la Victoire
236 pages ;
12 euros (+ 2€ de participation aux frais de port)
Commande à l'auteur
alain.helissen@live.fr
IMG 5610
couverture et pages de garde : création originale de Hubert Saint-Eve
Du 27.11.76 au 27.11.78, soit exactement deux ans, Alain Helissen s'est livré à un travail d'écriture conçu comme une hygiène quotidienne:une toilette écrite de l'esprit. Sur la base retenue de dix lignes par jour s'est ainsi constituée une fresque autobiographique amenant l'auteur à interroger la fiction de la vie en ses débordements écrits.
Hygiène, faux journal mais roman vrai, de ceux dont l'écrivain reste le personnage central. Ce livre a l'ambition d'enfreindre les règles élémentaires de la narration. Son désordre classé témoigne de sa mobilité. Ce livre multiplie les histoires en racontant aussi la sienne. Toute ressemblance avec des personnes ou des événements ayant existé est possible.
C'est là le premier ouvrage d'Alain Helissen, publié en 1982 aux éditions de la Victoire, devenues aujourd'hui VOIX éditions/Richard Meier. Trente ans après, il reste encore quelques exemplaires disponibles.Hygiène fut aussi l'un des tous premiers livres édités par Richard Meier, à la suite de la revue FAIX,dont il fut l'un des co-animateurs et l'imprimeur sur une presse de fortune qui crachait l'encre comme une vieille locomotive sa vapeur.
- extraits-
 
 
 
 
 
06027810 (+6)
 
avez-vous lu l’hydre d’eau douce en manuel
scolaire cet animal qui a pour moyen de loco-
motion la culbute ou la nage quand il n’arpente
pas le fond des mares et dont la bouche
sert aussi bien d’anus que d’entrée aux proies
capturées vous n’imaginez pas sa vie intime
je veillais tard avec au lendemain une grasse
matinée compensatoire paresse tenue au chaud
d’une literie douillette la décision à
différer de ma sortie du lit instant d’un
immense courage je m’exposais au froid
contraste des températures la matinée
était entamée de même la première tartine
aux sons des informations radio rebondis-
sements d’affaires en cours morts inédites
etc…
 
07027810 (+4)
 
mon sang faisait plusieurs tours dans mes
veines couleur d’encre monopole sens gira-
toire le cœur battait son rythme ponctua-
tions qui se recommençaient sans cesse
recommençant la phrase thérapeutique vicieuse
dont les effets s’inscrivaient circulaires
tu l’as dit Bob bouffi en marge des analyses
il y avait là matière à édifice reconstitué
à partir des traces terrain en chantier ar-
chéologique d’un dépucelage acharné attentats
successifs suivis de rares retours d’encre je
visitais d’un crayon la mémoire de l’enfance
sublimation ce passage de l’état solide à
l’état gazeux
 
08027810 (+6)
 
chapitre densité comme « une écriture dense »
compliment touffu vous aimez les hommages qui
vous sont dus pots-de-fleurs parfumées âme et
conscience telles sont les deux mamelles de
votre personnalité grand écran blessure dans la
bouche là où le dentiste m’avait extrait une
énorme dent dite de sagesse il n’était plus
qu’une cavité ensanglantée – le sang se mélan-
geait à la salive – deux fois dans la journée
je prenais un bain de bouche des pilules aussi
contre la douleur ne pas administrer en dessous
de douze ans mon coefficient de mastication ne
s’en trouvait pas considérablement réduit puis-
que me disait le chirurgien dentiste les dents
de sagesse n’aident pas à la mastication (un
trou quand même dans l’arrière bouche…)
 
090278 (+4)
 
et maintenant mêmes escales entre les-
quelles la lecture était moins suivie les
yeux se détachaient facilement des pages
l’événement commandait ailleurs la main
traçait le corps à tâton aire de jeu
vous savez les choses changent beaucoup
même si elles gardent le même nom cela
tient à des transformations vous avez vu
se développer les productions du bist
einfach da und das ist gut
voilà
voilà
voilà
la chaîne
 
10027810 (+6)
 
n’écoutez pas aux portes le bruit des prépa-
ratifs dispersez-vous mouvements des marées
le hasard emportait parfois des victimes
vous cherchez bien entendu à vous tailler
la part du lion à lion lion et demi vous
n’avez pas les crocs de l’emploi qui vous
a appris ténacité mensonge outrecuidance
feintise arrogance calomnie pègre intesti-
nale il vous faut beaucoup monnayer votre
pignon sur rue votre obésité tranquille à
peine écorchée par quelques morts subites
hygiène précaire boum boum/rada boum trou-
bles cardiaques ah tourne-broche handicaps
cornes hargneuses et dans l’obscurité
l’infime mouvement des lèvres les langues
se rapprochaient cinématographie
 
11027810 (+4)
 
qui affectait considérablement l’environnement
malgré la limitation des rejets je me réjouis-
sais de composer en eau trouble voire polluée
cacaphonie je ne souffrais aucun col de che-
mise boutonné pris à la gorge même innocent
les mains pleines interné en asile linguis-
tique envoyez quelqu’un qui puisse vous préparer
le terrain avocat vous bondissez toujours de
la même manière réflexes conditionnés mêmes
cohabitations meute hurlante professions
de foi plus ou moins rassurantes cuisine
collective vous mangez à la cantine
candide
et tout et tout
 
12027810 (+6)
 
lentement après les dernières informations
je me levais du fauteuil complice moelleux
des heures du soir stagnantes culturelles
au possible et l’hiver à la porte sans
équivoque manteau blanc la poudreuse était
là tenace en quelque sorte la situation
d’homme bloqué en son logis m’allait bien
je pouvais organiser l’habitat tenir l’inté-
rieur de la coquille au chaud lignes conflu-
entes épaississant le lait maternel deux
sucres dites-vous dosage normal rien de tel
qu’une boisson chaude accompagnée de gâteries
exemple gâteaux secs amuse-gueules quoi vous
avez le loisir d’agrémenter la chose offrez
un digestif votre épanouissement viendra
        le buffet est fourni –
 
13027810 (+6)
 
néanmoins troublant le contact de l’épiderme
sensualité affleurante sommaire frugal dans
l’intimité libéré de mes vêtements je me
déplaçais entre les meubles pipe en bouche
contentement placide je me véhiculais ainsi
à travers la maison exercice accaparant des
travaux ménagers quand j’en venais à bout je
réglais la chaise-longue position presque
horizontale relaxation bienfaisante le baro-
mètre remontait vers l’adolescence souvenirs
infatigables qui s’imposaient profitant de ma
nonchalance situations imaginaires nouvellement
vécues la représentation battait son plein et
ses déliés qu’as-tu fait dis toi que voilà
rêvant sans cesse qu’as-tu fait dis toi que
voilà de ta peau d’fesse
14027810 (+3)
écriture glissante gluante la glace ne
fondait pas donnez nous votre opinion
personnelle vous êtiez tout petit déjà
dictant vos volontés malgré l'autorité
parenbtale pont suspendu entre père et
mère hygiène pour effacer quelque lapsus
révélateur un nom s'inscrivait sur un
autre faux tétons
du soleil
du travail
de la patience
si le grain ne lève
alors la mauvaise graine
(...)
Observation : Les chiffres indiquent, dans l'ordre, la date du jour, 10 lignes et, entre parenthèses, le nombre de lignes dépassant (ou n'atteignant pas) les 10 lignes prévues.
 
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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 12:35
CHANGEZ TOUT !
 
Changez de peau
Changez de pôle
Changez de taule
 
Changez de sol
Changez de rôle
Changez de trône
Changez Paule
Changez à La Baule
Changez votre fusil d’épaule
Changez de neurones
Changez d’ozone
 
Changez de loi
Changez de poids
Changez de proie
Changez un deux trois
 
Changez de trottoir
Changez d’armoire
Changez d’histoire
Changez sans voir
Changez sans gloire
Changez pour voir
Changez de répertoire
Changez de suppositoire
Changez Grégoire
 
Changez de comportement
Changez radicalement
Changez éperdument
Changez sauvagement
Changez étonnamment
Changez fermement
Changez brièvement
 
Changez d’appartement
Changez vos derniers francs
Changez de président
Changez de déodorant
Changez vos sentiments
 
Changez votre vision du monde
Changez votre vison immonde
Changez pour deux blondes
Changez tout à la ronde
 
Changez de CV
Changez de CB
Changez de PQ
Changez de TV
 
 
 
Changez de WC
Changez de PC
Changez de PS
Changez d’UMP
Changez d’ULM
Changez d’HLM
 
Changez d’SOS
Changez d’SMS
Changez de RMI
Changez de VTT
 
Changez de sexe
Changez votre carnet d’adresses
Changez de fesses
 
Changez de file
Changez de profil
Changez de régime
Changez Régine
 
Changez de look
Changez de book
Changez de bouche
 
Changez d’alimentation
Changez vos perceptions
Changez toutes vos rations
Changez de religion
Changez de position
Changez d’excitation
Changez de promotion
Changez de camion
 
Changez de litière
Changez devant/derrière
Changez de théière
Changez de caractère
Changez vos roues arrière
Changez d’air
Changez de mère
Changez de père
Changez de sphère
 
Changez d’âme et de corps
Changez de décor
Changez encore
De clefs
De volets
De papiers
De cachets
 
Changez d’attitude
Changez d’altitude
Changez d’habitude
 
Changez de chemise
Changez d’assise
Changez de balise
Changez de valise
Changez Anne-Lise
 
Changez d’appât
Changez de matelas
Changez même si ça va
 
Changez de parti
Changez vos parties
Changez de patrie
Changez d’ennemi
Changez de vie
 
Changez de voiture
Changez de coiffure
Changez de confiture
Changez de manucure
Changez-vous à Saumur
Changez vos crayons durs
Changez dès que ça dure
Changez d’aventures
Bon sang mais c’est bien sûr !
Changez Ben-Hur
 
Changez dare-dare
Tout le bazar
Vos pièces rares
Votre air hagard
Votre hangar
Vos buvards
Vos cigares
Vos vieux Babars
Vos rêves anars
 
Changez vos cartes
Changez Descartes
Changez de tarte
Changez tante Marthe
 
Changez de métro
Changez de boulot
Changez de dodo
Changez de sac à dos
Changez illico presto
Changez sol la si fa si do
 
Changez vos cycles
 
Changez de braquet
Changez d’identité
Changez de liberté
Changez d’égalité
Changez de fraternité
Changez d’éternité
Changez d’actualité
Changez de virginité
Changez de liquidités
 
Changez de taille
Changez d’entrailles
Changez vaille que vaille
Changez sans faille
 
Changez d’huile-moteur
Changez d’fer à vapeur
Changez d’masseur
Changez d’initiateur
Changez d’enfants de chœur
Changez de fournisseurs
 
Changez d’ancêtres
Changez vos guêtres
Changez de thermomètre
Changez à Kremlin Bicêtre
Changez de fenêtres
Changez d’être
Changez de paraître
 
Changez de rêves
Changez de sève
Changez de grève
Changez c’qui lève
Changez d’élèves
Changez de solfège
Changez de manège
 
Changez de terminal
Changez d’animal
Changez à carnaval
Vos pulsions libidinales
Vos érections matinales
Vos dilatations vaginales
Vos positions bancales
Vos envies de bananes
Vos tenues trop banales
Votre ami marsupial
 
 
Changez du tout au tout
Changez de toutou
Changez de trou
Changez d’embout
Changez d’atout
Changez de mou
Changez de bout
 
Et pour le coup
 
CHANGEZ TOUT !
CHANGEZ TOUT
CHANGEZ TOUT
 
Alain Helissen
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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 12:26
Babel-Gougeul sur Sarre
 
 
Au-delà baie
vitrée tours à tours
copiées-collées et
lancées droites debout
partout
partout sans bout
qu’un autre bout
recommencé
bas et haut confondus
ciel et terre à l’envers
 
Au-delà encore
l’au-delà et jours
comme nuits lumières
jamais éteintes
flashs rouges feux
clignotants pousse-
toi j’appuie j’allume
l’écran d’arrêt
pour tous laissez
passer l’image
 
Au-delà clique
sur méga monde
et flippe en le voyant
s’ouvrir et qui circule
plein-mots analytiques
moteur je marque
enfonçant la souris
Babel-Gougeul sur Sarre et
j’attends le tirage
 
Les termes de recherche spécifiés – Babel-Gougeul sur Sarre – ne correspondent à aucun document.
Suggestions :
·       Vérifiez l’orthographe des termes de recherche.
·       Essayez d’autres mots.
·       Utilisez des mots plus généraux.
·       Spécifiez un moins grand nombre de mots.
 
Autres mots mais moi
j’habite pas d’autres
mots que ceux là
Babel-Gougeul
sur Sarre
« Des mots plus généraux »
m’emporteraient ailleurs
« Un moins grand nombre de mots »
couperait mes racines
 
Au-delà emmêlés
les boyaux de la langue
et troués aplatis
jetés sur la rocade
où passent accélérés
les mots express
d’une dictée commune
Attachez vos ceintures
Détendez-vous
 
Au-delà de la Tour
prenez à votre droite
Babel Centre
évitez de vous garer
dans la confusion générale
filez toujours tout droit
répétez après moi
filer toujours tout droit
filer toujours tout droit
 
Et vous arriverez
chez moi pas au-delà
de Babel-Gougeul sur Sarre
ça s’écrit bien comme ça !
 
Alain Helissen
 
 
 
 
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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 22:57
 
Dans la collection Vents contraires
dirigée par Alain Helissen
VOIX éditions/Richard Meier
 
 
 
  Jérôme BERTIN
  FRAGMENTS DU CARNAGE
 
 
Enrichi de 4 dessins en couleur d’Anne Van Der Linden
 
 
 
Fragments du carnage s’inscrit dans la perspective de développement d’une para-poésie, d’une poésie de genre, entreprise depuis quelques années déjà par Jérôme Bertin. Après la prose poétique, Babylone-centre (Le Corridor Bleu) et Round 99 (Al Dante), l’auteur revient au vers libre avec Zyklon B Zombie (à paraître), et aujourd’hui Fragments du carnage, pour décrire son univers de série B. Il y donne à voir, comme dans ses précédents travaux, un monde chaotique, apocalyptique, aussi glauque que kitch, au bord de l’explosion, ou la drogue, le sexe, le crime ont pris le pouvoir.
 
Jérôme Bertin est né en 1975 à Limoges.Il vit aujourd’hui à Lille .Il a collaboré à de nombreuses revues, telles que Nioques, Java, Action Poétique, Fusées, Evidenz.
 
ISBN 2-914640-73-0
EAN 9782914640732
60 pages ; format 14 x 21 cm
Prix : 13 euros, port inclus.
 
Commande
à adresser à : Alain Helissen 53 rue de l’Entente
57400 SARREBOURG
(règlement par chèque à l’ordre d’Alain Helissen)
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 
NOM________________________Prénom________________________________________
 
ADRESSE__________________________________________________________________
 
 
Commande ____exemplaire(s) de Fragments du carnage pour la somme de _____euros


-extraits-

voilà pour ce qui concerne l'honneur bourgeois
une exposition de soldat mort a lieu
dans la salle à vom/
t ir(s) de mortiers +
paysages déformés par crises de manque
voix reconstituée de
jack the ripper
"god damn them"
barricades de crânes et de
lamborghini coun-
tach(e) de merde sur le saint suaire
regard interdit minaude :
"je serai ta petite pute bien sage"
passe en boucle dans l'air marron des
cabinets ministériels comme cible n°1
la rencontre de ses cuisses et du métal
débile 28 :
"notre père noël qui êytes aux cieux"
sept mômes pourrissent dans sa toile glu-
ante christ superstrar pause pour
voici vêtu d'une peau de nègre jean paul gauthier
générique de maguy vs
entombed
 un volontarisme esthétique déclarant la guerre
colombes rôties exhalent une odeur de merde
hagards
enfermés dans une daube de rom-
éro(s) tartare +
respiration saccadée de la victime aux abois
(...)


articles


t-on pomper si punk veto

à l'occasion de la parution de Fragments de carnage de Jérôme Bertin / collection Vents contraires de Voix éditions

Ce n'est donc pas vrai qu'il n'y a plus rien à faire. On peut même faire papys du grunge d'avant et ressortir sa collection de Boxon et causer sur l'évolution des écritures. Il faut dire qu'on avait nos petites habitudes. La discographie de Jérôme Bertin pour exemple : dans Boxon 17, le canal culturel bien assez bourré, les références égales sous bien des points de vue, surtout les plus importants, dès qu'elles commencent à bien vouloir s'exploser. Rappel du début :

« Est un punk Egon Schiele corps torturés corps-démence Est un punk Schonberg dissonances fractures Est un punk Vincent Van Gogh se tranchant une oreille Sont des punks David Cronenberg adaptant Crash de J.G. Ballard et David Lynch faisant tomber des embryons du plafond dans Eraserhead Est un punk Allen Ginsberg qui demande à Peter Orlovsky d'ausculter son anus attaqué par des vers Est un punk Erik Satie jouant convulsions Embryons desséchés Sont des punks les Sex Pistols et les enfants du prince Charles arborant la croix gammée pour faire chier leur petit grand monde de merde [...] »

Le punk est donc tout sauf une réduction générique. Quant au texte trash qui remet les pendules à l'heure en commençant par casser les cadrans, s'il a bien sûr beaucoup de mérite, il a quand même des ressorts prosodiques remâchés, mais c'est aussi un type d'occasion dans lequel on a maintenant quelques habitudes. Parce que c'est vrai que le langage a bien cherché qu'on lui fasse cette violence là. Même les airs anthologiques qui jaunissent les fameux poèmes modernes : « il a deux trous rouges à la place du cul »1. Ce n'est pas parce que nos grand-mères commencent à se faire à l'idée que ce pourrait être moins vrai. Même si, à force, c'est facile à dire et même si, bien sûr, ça n'empêche que la décharge vengeresse et fera bien dire que l'auteur fait toujours bien de déconstruire à ce point-là.

Et même si la forme d'arrivée a ce quelque chose de chantage à bien attraper ringard qui se laisserait glacer par un décharné si poussé. Si la chronologie de son catalogue doit poser Fragments de carnage comme le retour de Jérôme Bertin au vers libre, c'est qu'il y a quelques détails de forme à redébattre. On comprendra donc que l'auteur a dû s'hypersensibiliser au carnage et pour cause : « le cauchemar est le seul mode de lucidité »2. Comme ce sont des fragments qui en ressortent, on pourra toujours craindre d'avoir une collection de joyaux, ce ne seront donc jamais que quelques vers un peu moins hétéroclites qu'espérables et notoirement pas soucieux à se peaufiner genre bien-sentis. D'ailleurs, la variété des niveaux énonciatifs est matérialisée presque redite par des codes typographiques très réglés : prélèvements heurtés et généraleries en gras, citations synthétiques en italique, phrases automatiques peut-être même le décrochage entre guillemets. À force, interrompu jamais que par les dessins crus tandis que cocasses quoique remués d'Anne Van der Linden, le respect des règles permet à la trame verticale de se détendre pour faire se tamiser les énoncés. Et c'est là que c'est formidable. Que les fragments puissent avoir des vacillements aussi significatifs, cela valait le coup de revenir en terrain sémantique, même s'il n'y a toujours rien à en attendre de moins carnage. Et pour cause : « notre chemin sera vertical »3. C'est donc pas rien si l'interlignage est aussi régulier. « dans un lieu sordide genre 1975 »4, ce type de suspension bonne à tout faire au point qu'il pourrait se passer des choses terribles, qu'il y a donc une ambiance intenable même si, pour le reste, il ne se passe pas forcément des choses si terribles dans le détail, au seul point de vue du fragment par fragment - alors que, bien sûr, le thème de la drogue, les voix de goering, aliagas, willis, zitrone, docteur doug ross, « voix d'outre tombe et de guy lux »5, « mike brant olympia 71 »6, « voix vaudeville dernier round »7, « voix reconstituée de jack the ripper »8, « voix de brad pitt dans 12 monkeys »9, burroughs et le stade oral dans tous les sens de l'avilissement même pas irréversible : « le prêtre-non officie en string léop/ d ard au garde à vous il dépose l'acide / sur la langue des fidèles »10, « un CDD de bouffeur de queues américaines »11, « "vous reprendrez bien un verre de foutre" »12. Autre exemple de dite phrase automatique décrochement : « "vos paupières sont lourdes vous ne pouvez plus dormir" »13, si bien qu'au-delà du discours automatique, même l'hypnose est devenue impraticable et, d'ailleurs, insomniaque. « "vous vous croyez dans un train de la vie" »14 tellement vrai que la misère sociale même la routine se donne pour un drame une certaine épaisseur destinale. On pourrait dire auto-expréciativement le « "voici notre base de données de bruits empoisonnés" »15. Un dernier fait formel pour la route : les enjambements suraccidentés. Par exemple : « sexe de nourris- / son hypertrophié »16 ou, plus technique : « yeux livides incrustés dans le plafo- / n (i) d de frelons de la culotte »17, voire sciemment pas tout à fait illisible, de ces encastrements en place de retraits efficaces et pas plus fiers que ça à cause de la hauteur de l'effet enchaîné : « slips ouverts génitaux flipf- / lapant la semence noire du reproducteur en chef / le nef plein de schnouf coupée / avec du détergent à ch/ / f iottes bas barbelés glaviottent »18. Mais, le même fait oblige de relever quand le procédé se fait parfois nettement plus chaffouré de sa froideur : « aux 400 coups le séducteur de petites f/ / b illes troquées contre came / le visage du futur crève les yeux ». Si les thèmes sont tellement emboîtés, au-delà du labeur prosodique, c'est donc un fait du carnage : « poupée russe mussolini / "dites haaaaaaaaaaaa" / il enfonce le canon dans la bouche à pipe / entame un va-et-vient sensuel »19 décidément ce que la pornographie n'est même plus le problème : « banque d'images X / fragments d'une grammaire nouvelle de l'agression »20 Et sur les rapports entre misère et délinquance sexuelles, cf. Antoine Hummel, « dettedeladette », revue Enculer n°3, Rennes, association Chien, 2008, p. 49-53, suite à « l'officier éjacule dans doudou de latex »21. Donc, il y a bien une cosmologie très cohérente là-dessous ou qu'importe s'il y a bien quelques vers qui ressemblent à des énoncés gras évasés de surétiration tel « l'homme sécrète du désastre »22 et ne pas compter dessus pour que ça rentre dans le détail. De toute façon, il y a bien un rapport entre l'obligatoire de la concaténation énonciative et « "regarde-moi quand je te baise" »23. C'est ça la poésie : l'avantage, c'est quand tombe dessus, c'est donc pas pour s'appuyer. Sur ce, on trouverait que le carnage... et charognards les qui voudraient les anecdotes en plus. C'est dire qu'un effet du carnage tient dans la tendance de la langue à aimer les codes y compris quand on lui a rien demandé : « cadavres de chats + pneus déferlent »24 ou, d'un autre niveau, le n'importe quoi de l'ère culturel, « générique de maguy vs entombed »25, devrait même - « sifflements de trains de la mort vs. / steve reich »26 - participer de la vitesse à laquelle les choses qui finissent par s'entreprendre « "il y a votre propre voix au bout du fil' »27 et c'est normal que le lecteur finisse par s'y entendre parler « torture viols ratonnades et + si aff »28 et tu parles que c'est celui qui dit qui : déforestation des supports d'oxygénations psychanalytiques.

David Christoffel

Publié le 21 avril 2008 sur site plexus-s 

1 Jérôme Bertin, Fragments du carnage, Elne, Voix éditions, collection Vents contraires, 2008, p. 25.
2 Ibid., p. 49.
3 Ibid., p. 7.
4 Ibid., p. 5.
5 Ibid., p. 20.
6 Ibid., p. 25.
7 Ibid., p. 26.
8 Ibid., p. 30.
9 Ibid., p. 38.
10 Ibid., p. 43.
11 Ibid., p. 40.
12 Ibid., p. 19.
13 Ibid., p. 5.
14 Ibid., p. 7.
15 Ibid., p. 8.
16 Ibid., p. 8.
17 Ibid., p. 10.
18 Ibid., p. 11.
19 Ibid., p. 9.
20 Ibid., p. 36.
21 Ibid., p. 43.
22 Ibid., p. 48.
23 Ibid., p. 34.
24 Ibid., p. 18.
25 Ibid., p. 31.
26 Ibid., p. 39-40.
27 Ibid., p. 41.
28 Ibid., p. 41.


article de Dominique Quélen
publié dans CCP, N°17; mars 2009

Avec la précision d'un cadavre dévasté, ces "fragments d'une grammaire nouvelle de l'agression " poursuivent la tâche de l'horrible travailleur Jérôme Bertin, en vers cette fois, dont certains gros et gras comme des slogans. Para-poésie politique (voir le dernier vers), mais tout autant intime, ce qui en fait aussi le prix quand surgissent les "nouveaux-nés" d'un "lieu sordide genre 1975", et la "peine capitale de la naissance". Une invention constante et une  furia comica empêchent le discours de se figer, entre autres par la pratique d'une forme personnelle d'épenthèse qui relance les sens en les déréglant, et l'auteur se charge lui-même de détourner le cours de ce procès-verbal qui coule avec la violence et la cruauté des fluides corporels. Car "parler c'est mentir vivre c'est collaborer". Intenable aporie. Le lecteur en reste sonné. Quatre dessins liminaires d'Anne Van der Linden annonçaient la couleur.

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Published by Alain Helissen - dans Collection Vents Contraires
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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 17:24
Dans la collection Vents Contraires
Chez VOIX éditions 


Patrick DUBOST
Sous la Lumière d'Assise


ISBN 2-95147999-2-1
96 pages ; format 13, 5 x 21 cm
Prix courant : 13 euros (port offert)
Les exemplaires courants sont épuisés  
(Exemplaires de tête signés et numérotés de I à XX et comportant 4 encres originales de Richard Meier: 30 euros franco de port)
Il ne reste qu'un seul exemplaire de tête proposé à 20 euros franco de port
(commande chez Alain Helissen. Le réserver avant tout règlement)
contact: alain.helissen@live.fr

(extraits)


Une pensée je lui dis va là et fais ça
Elle va là et fait ça
 
Je lui dis réfléchis ça et réfléchis pas ça
Elle réfléchit ça elle réfléchit pas ça
 
Couche-toi là et bouge plus
Elle se couche elle bouge plus
Y’a pas plus con qu’une pensée
 
L’auteur

Né en 1957, Patrick Dubost a publié quelques livres dans le champ de la poésie avant de mettre un pied, puis le corps entier, dans la poésie sonore. Plus récemment, obligé de suivre ses textes, il découvre le théâtre (vers une démultiplication des corps) et se pose la question : comment écrire de la poésie en parlant d’une autre voix que la sienne ? Ou d’une autre bouche que la sienne ?Ou, comment écrire de la poésie à plusieurs bouches ? Ou encore, d’une multitude de bouches qui, toutes, n’en feraient qu’une ? Ou encore, comment parler sans la bouche ?
Patrick Dubost se produit très souvent sur scène, en France et à l’étranger (Grèce, Québec…)
Pour de plus amples renseignements, consulter son site : 

http://patrick.dubost.free.fr


Du même auteur :

Parmi les dernières publications :

Pour ne pas mourir,
Editions Lieux-Dits
La récréation des morts, VOIX éditions
Cela fait-il du bruit ? VOIX éditions
Manifeste pour un théâtre moderne, Color Gang
Big & Bang, Color Gang
Le début du monde, Color Gang
Le répondeur d’Armand (sous le nom d’Armand le poète), Gros Textes
Mes plus beaux poèmes d’amour, Gros Textes
Fragments d’un homme amoureux, Lieux-Dits
L’Univers d’Armand le Poête, journal, VOIX éditions 
Jonas-Orphée, Color Gang
 
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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 17:17
 
Collection Vents Contraires animée par Alain Helissen
 
ISBN 2-9514799-1-3
112 pages ; format 13, 5 x 21 cm
Prix de l’exemplaire courant : 13 euros (rajouter 2 euros de frais de port)
Exemplaire de tête enrichi d’un collage original de l’auteur : 30 euros franco de port
 
Recoeil à rédaction lente (larve du pou !), ce Tombeau qui pourrait aussi bien être un Berceau incorpore formes brèves (mais surtout pas haïkus !…), détournements mineurs, manipulations minimales, voire minimalistes : calembours, contrepèteries, métathèses, tmèses & autres catachrèses – mais aussi : pensées sur la moquette, maximes, apophtegmes & sentences, slogans, poèmes trouvés, poèmes à voir, poèmes en prose, poèmes tout court & (pour faire bonne mesure…) « Poème trop long ».
Cailloux de Petit-Poulset : comme autant de fragments qui jalonnent ou scandent un itinéraire hasardeux – sentiers plutôt qu’Autobahn, fourrés touffus, touffeurs fourrées, brusques échappées plutôt qu’enveloppantes perspectives, à l’improbable tracé parmi l’irrespirable Amazonie des discours & des dogmes – que l’auteur parmi d’autres défricha (à mains nues) près de 20 ans durant. C’est donc : un manifeste, discrètement doublé d’un pamphlet, dont il emprunte quelquefois le ton ou le tour.
 
L’auteur
Né en 1950. Poëte bruyant, non métricien tendance pro-Dada, chercheur de poux. Anime la collection Electre depuis 1985 et la revue Maison Atrides & Cie depuis 1989. Auteur d’une thèse de doctorat d’Etat sur la crise d’identité du vers dans la poésie française de Rimbaud à Apollinaire & de nombreux articles concernant la question du vers, Rimbaud, la poésie sonore, etc. Pratique la lecture à voix rauque&drôle, volontiers en duo, avec Sylvie Nève depuis 1979, avec Jean-Louis Houchard depuis 1998.

Poème trop long

(...)
- C'est comm' les fifties sans la Bombe
ou comm' les sixties sans l'Vietnam
les seventies sans les emirs
ou comm' les eighties sans la Crise
c'est comm' les nineties sans la Crise (tiens !)
c'est comm' le dé sans la cadence
ou comm' l'indé sans la pendance
c'est comm' la vie sans les brations
comm' la télé sans les visions
les élus sans les cubrations
C'est comm' Deleuze sans guattari
comm' la cigale sans la fourmi
c'est comm' Roland sans Durendal
comm' Roland Barthes sans sa Momie
comm' la momie sans ses bandelettes
comme Odette sans les catleyas
c'est comm' ben Hur sans Messala
comm' Bogart sans Bacall
comm' l'agité sans l'bocal
c'est comm' le dire sans l'faire
ou comm' les épinards sans l'fer
c'est comm' la foudre sans l'éclair
comm' la voix sans l'éclat
ou la perte sans l'fracas
c'est comm' les frusques sans les frasques
ou les vasques sans les fresques
(...)

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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 17:06
Dans la Collection VENTS CONTRAIRES
Editions VOIX
Hubert LUCOT 
POUR PLUS DE LIBERTE ENCORE
 foutus pour foutus
n’en faisons pas un drame
 
maximes, manchettes, slogans,
collages et autres vérités
 
132 pages ; Format 13, 5 x 21 cm
Prix public exemplaire courant : 13 euros ( + 2 euros frais de port)
Prix de l’un des vingt exemplaires de tête, enrichi d’un collage original de l’auteur :
30 euros (franco de port)
 
Sensible, depuis des décennies, à la poésie publicitaire et à la sagesse des médias, effaré que l’amour de la liberté et la passion du dynamisme entrent difficilement dans nos moeurs ou s’arrêtent en chemin, Hubert Lucot se plaît à marteler les slogans hyperlibéralistes de notre présent et, espère t-il, de notre avenir.


Extraits choisis
 
- Si chacun volait son prochain, tout le monde serait riche.
 
- Soyez, vous aussi, compétitif. Exigez le blocage de votre salaire.
 
- Il y a trop de misère dans le monde ; laissez au moins les riches être heureux.
 
- Les injustices sont indispensables à l’équilibre social. Il faut renforcer celui-ci.
 
- Chaque jour remerciez Dieu d’être né blanc et de savoir presque lire et écrire.
 
- A-t-on le droit d’interdire la torture dans les vingt pays les plus pauvres ?
- Renoncez à tout, sauf au profit.
 
- Une nation est libre quand ses prisons sont pleines.
 
 - Truquons les statistiques, les vraies sont d’un ennui mortel.
 
- La pollution ne menace pas l’humanité, bien au contraire. réfléchissez : les mauvais mourront, les bons survivront, plus forts encore.
 
- Les médias du monde libre : «  Nous mentons mais nous le savons, et personne ne nous interdit de l’avouer. »
 
- L’extrême douceur de certains poètes ne doit pas nous faire oublier la dureté de leur plume, qui ne laisse presque aucune trace sur le papier.
 
- On a voulu enterrer le général de Gaulle à côté du Soldat inconnu, mais de Gaulle lui aurait fait de l’ombre.
 
- Le communisme est mort, mais également le capitalisme, et donc la lutte des classes, réjouissez-vous. En effet, le capitalisme sauvage d’aujourd’hui n’a rien à voir avec le capitalisme véritable.
 
 
 
(... et plus de 800 autres...)
 
 
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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 16:50
Collection Vents contraires
VOIX Editions
 
 
  
100 pages ; format 13,5 x 21 cm ; 
prix de l’ex.courant : 13 euros + 2 euros de frais de port
l’un des 20 ex. de tête de veau, enrichi d’un poème express original de l’auteur : 30 euros franco de port.


« Lents vers du confort », mais c’est un poème ! « Verlan du fort con », mais c’est un roman !
Le destin est nu, les losanges sont perdus et retrouvés, la glace noire est trouée, les os sont traités au balai-brosse, le kom est merz, les rues meurent d’amour.
Lucien Suel alignant ces (ses) pages, elle(s) sue(nt), ainsi lue(s), et inversement, la littérature.
 
L’envers du confort mixe roman(s) et poème(s) comme soupe aux légumes « fait maison », façon Lucien Suel, avec aussi quelques intermèdes, trous nordiques pour se distraire un peu avant d’essuyer de nouvelles salves, jusqu’au chapitre XII, terminus tout le monde descend.

L’auteur
 
Lucien SUEL est né à Guarbecque en 1948. Il se dit poète ordinaire faiseur de poésie élémentaire. De son nom, il a créé une Station Underground d’Emerveillement Littéraire (S.U.E.L.), petite maison d’édition artisanale
qui lui permet de publier surtout ses propres textes. Il a dirigé les revues Starscrewer et moue de veau. Lucien Suel se produit volontiers sur scène, seul ou accompagné du groupe de rock Potchük, avec lequel il a réalisé un CD.
Pour de plus amples renseignements, consulter ses blogs, dont  http://luciensuel.blogspot.com

(extraits)
 

 

le traitement des os


Poème ou papou (poème sonore)


tôt ou tard
le bout t'aim' mon gars
tôt ou tard
l'atout s'barre

le gratin du bateau s'teinte au bout du mât
boul'qui t'abat le totem
où ta boue gâte le bagout de l'autel

le hangar où le loup joue et loue
la tôl' des morues
au ras de l'amour
au rat d'eau du gras tas de balourds
(...)


 
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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 16:20
Dans la collection Vents Contraires
chez VOIX éditions

ISBN : 2-9514799-14-X
80 pages ; format 13,5 x 21cm;
Prix : 13 euros
(rajouter 2 euros de frais de port)
20 ex. de tête enrichis d'annotations de l'auteur et d'un démontage à partir du collage illyricartographique : 30 euros.


Journal tenu pendant le mois de mai 1999 : guerre au Kosovo.
Réécriture d’Ovide en courts-métrages des premières années des soviets : les images brouillées…
Pour : écouter la politique d’une écriture, feuilleter le journal du poème…
Contre un agir communicationnel (Habermas) à la mode…
Pour : inventer un pays commun où tout ça c’est du vent (Kateb Yacine)
 
 
 
 
’auteur
 
Serge Ritman est né en 1954, sous le patronyme de Serge Martin. Il vit et travaille à Caen où il enseigne en IUFM. Il participe à des revues d’enseignants (Le Français aujourd’hui, Argos,..) ainsi qu’à des revues littéraires (Europe, Action poétique, Le Nouveau Recueil, Sapriphage, ). Poète et essayiste, il a écrit deux livres sur l’enseignement des contes et des poèmes aux Ed. Bertrand Lacoste et deux essais de poétique : Francis Ponge, col.Référence, Ed.Bertrand Lacoste ; la poésie dans les soulèvements (avec Bernard Vargaftig). Son œuvre poétique connaît, depuis 1996, un développement soutenu. Il co-anime depuis 2007 la revue "Résonance générale".

(extraits)

tu sais la vie passe dans les jours
comme au cinéma la lumière
traverse la bobine qui défile

puis les rêves n'écrivent rien
les siècles ont beau changer
et les millénaires passer filer

on dit restent les empires
les films j'allais écrire ça empire
mais qui peut juger le temps

voilà que les rêves donnent
un titre poussière dans la lumière
deux jours après sans comprendre

(...)

 
 
 
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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 16:07
Dans la collection VENTS CONTRAIRES
dirigée par Alain Helissen
aux Editions VOIX
 ISBN 2-914640-01-3 
84 pages ; format 13,5 x 21cm
Prix public : 13 euros 
(rajouter 2 euros de frais de port)
L’un des 20 exemplaires de tête accompagné d’un carnet publié aux Sauvages éditions : 30 euros franco de port
 
Angèle Basile-Royal est une mnémographe. Elle n’écrit que ce qu’elle voit. Partie au pays des sauvages, elle y a vécu un temps indéfini. D’après ses notes, les sauvages composent un peuple étrange aux coutumes très proches des nôtres. Ils vouent un culte à Sepoié, anagramme de Poésie, dont la représentation (l’incarnation) aurait disparu. La tribu serait toujours à sa recherche...
Véronique Vassiliou est la descendante directe d’Angèle Basile-Royal. Elle a retrouvé, édité et diffusé les carnets conservés, entre autres objets (os, fragment de manuscrit, cassette, fleur) dans une vieille boîte à biscuits qu’elle exhibe lors des lectures publiques auxquelles elle est invitée.

L’auteur
 
Née en 1962 à Toulon, Véronique Vassiliou est conservateur des bibliothèques. Son activité littéraire se déploie sur tous les fronts de la poésie : articles, notes, chroniques, traductions, textes de catalogues d’exposition, anthologies, lectures/interventions publiques, livres d’artistes,...
Jalonné par de multiples collaborations à des revues (Ralentir Travaux, Action Poétique, Europe, Procès, Cahier critique de poésie, faire-Part, Nioques, etc), ce parcours foisonnant comprend cependant assez peu de livres « personnels ». Citons, parmi les plus récents :
 
- N.O., le détournement (extraits), Ed.Contre-Pied, sep.1998.
- Je dans quelques uns de ses états, Ed. des petits livres, 2000.
- Seuils, ed. Harpo &, 2000.
- Appellation contrôlée, Fidel Anthelme X, hiver 2000.
- La boîte d’Angèle Basile-Royal conservée par Véronique Vassiliou, Les sauvages éditions, mars 2001.
- N.O. le détournement Comp’Act, 2003.
- Une petite nappe verdâtre mal découpée, Tarabuste, livre peint par Pascale Piron et Contre-Pied, 2004.
- Le + et le – de la gravité, Comp’Act, 2006.

-extraits-

carnet 1

Les sauvages peuvent être inquiets. La vie dans l'état sauvage peut être extrêmement difficile.

Un sauvage privé de ce qu'il aime se noue.

Il peut devenir muet.

Un sauvage noué est en grande détresse.

Si un sauvage se trouve face à un sauvage noué et muet, cela provoque un effet étrange. Un heurt sans heurt : les deux sauvages sont noués et muets. Ils souffrent côte à côte, tout raides.

Les sauvages sont fiers. Ils ne savent pas s'excuser.

Mais tous les sauvages savent pleurer.

Et tous les sauvages essaient de toujours tout comprendre.

Un sauvage en train de se dénouer est fragile et un rien (un sourire qui n'en est pas un, par exemple) peut le renouer tout de suite. Un rien peut aussi contribuer à le dénouer encore plus vite (un vrai sourire, par exemple).

Pour se dénouer, les sauvages dépensent une énergie considérable.

 
 
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Présentation

  • : Le blog de Alain Helissen-Poésie
  • Le blog de Alain Helissen-Poésie
  • : BLOG de "poésie". Vous y trouverez une présentation des ouvrages d'Alain Helissen mais aussi des ouvrages publiés dans la collection "Vents Contraires" qu'il animait chez VOIX éditions/Richard Meier jusqu'en 2010. Actualités également du cycle de rencontres poétiques "Pontiffroy-Poésie"qu'il coanime avec Vincent Wahl à la médiathèque Verlaine (Pontiffroy) à Metz. Et infos diverses.Liste des recueils et revues chroniqués.Liste d'ouvrages de poésie (d'occasion) mis en vente, Présentation de nombreux livres d'artiste réalisés seul ou, le plus souvent, en duo avec un(e) plasticien(ne).
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