Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 10:25

Née début 2000, la collection Vents Contraires fête se 10 ans cette année. Voici, pour l'occasion, un récapitulatif des auteurs et titres publiés. Tous les ouvrages mentionnés restent disponibles. Destinée à mieux faire connaissance avec cette collection,une première anthologie , "force 18", présente les 18 premiers auteurs avec des extraits de leur livre  "vents contraires" augmentés de textes inédits.

 

Patrick Dubost : Sous la lumière d'Assise

Jean-Pierre Bobillot : Tombeau d'Isidore Ducasse

Alain Helissen : Les Poétrous

Hubert Lucot : Pour plus de liberté encore

Lucien Suel : L'envers du confort

Serge Ritman : Illyriques

Véronique Vassiliou : Le coefficient d'échec

Michel Valprémy : Kiosque à paroles

Jérôme Game : Polyèdre, suivi de La tête bande

Charles Pennequin : Ecrans

Claude Dehêtre : Aa

Joseph Bruchac : Aucune frontière (traduction de Béatrice Machet)

Georges Hassomeris : Le Nombril d'Or

Jacques Sivan : pendant smara

Jacques Demarcq : Rimbaud x 9

Jean-Luc Lavrille : Equatorze

André Gache : Karaokétêtés par les pieds

Bruno Fern : 111 points de contrôle

Anthologie Vents Contraires, force 18

Franck Doyen : (Vous) dans la montagne

Jérôme Bertin : Fragments du Carnage

David Christoffel : Tractions wah-wah

Germain Roesz : Bistrot lorgnette ! Bistrot lorgné

Béatrice Machet : Der de Dre

Alain Girard : De l'Olive

Jean-Pierre Bobillot : Y-a-t-il un poème dans le recueil ?

Mathieu Nuss : Agio

Sylvie Nève : Poèmes expansés

Antoine Boute : Brrr ! polars expérimentaux

 

Force-18005.jpg

 

Tous ces titres peuvent être commandés à mon adresse. Indication du prix sur simple demande : alain.helissen@live.fr

 

Repost 0
Published by Niala Nessileh - dans Collection Vents Contraires
commenter cet article
4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 15:40

Vient de paraître

Dans la collection Vents Contraires dirigée par Alain Helissen

VOIX éditions

 

IMG_8844.JPG

 

 Antoine BOUTE

Brrr ! Polars expérimentaux

Pourquoi écrire de la poésie contemporaine hyper-pointue et hyper-pertinente, de gros livres de philosophie ou des romans-fleuve, pourquoi tourner des films à budgets colossaux, pourquoi faire du land-art, perpétrer des génocides, des crimes contre l’humanité ou des attentats terroristes, pourquoi réaliser des expérimentations scientifiques faciles, devenir notaire ou boucher quand on peut faire dans le bizness du métapolar expérimental professionnel ?

Extraits :

…Bon à ce moment –là c’est le chapitre huit qui commence / nommé : « la fiction du réel » / et c’est là que ça devient sordide en fait / puisque le mec se tape un délire / qui est de faire croire à ses enfants / que leur vie / leur vie tout entière / c’est d’être des personnages de roman / il leur fait croire / que la maison où ils habitent / est en fait un roman / que le mec construit avec sa semence / et donc il dit à ses enfants des phrases du genre : / « vous êtes mes personnages de roman »

(…)

Antoine Boute explore les impacts entre corps, langues et voix selon divers supports et moyens : textes poétiques, essais, performances sonores, poésie graphique, écriture avec ses enfants, performances d’édition, organisation d’évènements…Il est,  entre autre, l'auteur de : Cavale, Blanche, Terrasses (Mix, Paris) , Retirez la sonde, Post-crevette (L'âne qui butine, Mouscron), Du toucher - essai sur Pierre Guyotat, Brrr ! (publie.net), technique de pointe avec Ariane Bart (Le Quartanier, Montréal), Comment vivre sans maison ? avec Victor et Lucas Boute (Luste, Bruxelles) et Blanche Rouge (L'Arbre à paroles, Amay).

 

Préface de Charles Pennequin

(extraits de la préface)

"Antoine Boute raconte des histoires, ses histoires c'est des polars, des polars qu'il est en train d'écrire et on dirait qu'Antoine Boute est en train de marcher dans la rue, ça se passe dans un livre mais c'est comme si c'était dans la rue et dans cette rue Antoine Boute rencontre quelqu'un qui (et c'est là que ça devient super glauque et trash et tout ça) est une sorte de lecteur assoiffé de trucs lisibles mais qui en même temps est obnubilé par des histoires toutes faites alors qu'Antoine Boute veut lui montrer que l'histoire qu'il raconte est en train de se faire, seulement en train d'exister sous les yeux du lecteur..."

8 dessins hors-texte couleur, pleine-page, de Thierry Van Hasselt

Une version antérieure de Brrr ! a été publiée sur www.publie.net. Tout acheteur du présent livre peut bénéficier gratuitement de cette version numérique sur : http://publie.net/tnc/spip.php?article269

 

ISBN 2-914640-95-1

100 pages ; format 14 x 21 cm

Prix : 15 euros (port inclus, sauf envoi hors France)

Commande à : Alain Helissen 53 rue de l’Entente 57400 Sarrebourg

(règlement par chèque à l’ordre de Alain Helissen)

Obs. Antoine Boute vient de publier "Tout Public", paru dans la collection "Les Grands Soirs" dirigée par Jérôme Mauche au éditions Les Petits matins.220 pages ; 12 €

Repost 0
Published by Niala Nessileh - dans Collection Vents Contraires
commenter cet article
5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 17:14

Vient de paraître

Dans la collection « Vents Contraires », dirigée par Alain Helissen, chez VOIX éditions :

Sylvie Nève

Poèmes expansés

- dessins de Sébastien Morlighem -

photo-neve.jpg

vinYle sève!

—un instant si vous le vouleZ bien, depuis quelques temps…

j’ai des questions à vous POser :

avant tout, la POésie moderne, POur vous, serait-ce pas d’évidence celle qui part, non de baudelaire, mais de rimbaud, sauf à reprendre sur un mode traditionnel aménagé les impératifs formels de la POésie classique ?

vous ne mépriseZ pas la POésie classique ?

& vous n’êtes pas ennemie d’en méprendre sur un mode différentiel inimagé les impairs rétifs formels ?

& baudelaire, verrieZ-vous aussi en lui un compagnon d’enfeR ?

enfeR ou ciel, qu’imPOrte ?

au fond…

dirieZ-vous, comme lui, que tout POète qui ne sait pas au juste combien chaque mot comPOrte de rimes est incapable d’eXpenser une idée quelconque ?

dirieZ-vous de lui, comme de rimbaud : tu m’as donné tes mauX, et j’en ai fait mes vers ?

ou : tu m’as donné ta clé, et j’en ai fait un passe-partout ?

la charité est-elle cette clé ? — cette inspiration prouve-t-elle que vous aveZ rêvé baudelaire, rimbaud, perrault, & tous les autres ?

prouve-t-elle quelque chose ?

accepterieZ-vous, POur conclure, cette sorte d’indéfinition de votre attitude POétique : c’est fauX de dire : je pense : on devrait dire : j’eXpense ? — pardon du jeu de mots. —

oui ?

( post-face de Jean-Pierre Bobillot )


(extraits)

Arthur Rimbaud,

Acceptez, je vous prie, de m’accorder un peu

De votre attention, si vous le pouvez, depuis un certain temps

J’ai quelques questions à vous poser…

Y répondrez-vous ?

Me répondrez-vous, monsieur Rimbaud ?
Avant tout, partons-nous toujours pour Aden ?
Descendrons-nous des fleuves impassibles ?
Egrènerons-nous dans notre course
Des rimes-notre auberge...à la Grande-Ourse ?
Verrons-nous fermenter les marais énormes ?
Regretterons-nous l'Europe aux anciens parapets ?
Voyez-vous très franchement une mosquée à la place d'une usine ?
Europe, Asie, Amérique, dans un brouillard d'après-midi tiède et vert ?
Harrar, Arras, Aden
- Eden pas mûr ?
Est-ce de la poésie ?
Arthur Rimbaud, pensez-vous pas
l'éternité perdue pour nous ?
(...)

ISBN 2-914640-88-9
82 pages ; format 14 x 21 cm

Prix : 14 €, port compris, sauf hors France.

Commande à : Alain Helissen, 53 rue de l’Entente 57400 SARREBOURG

(règlement par chèque à l’ordre d’Alain Helissen)

IMG_8792_2.JPG

Repost 0
Published by Alain Helissen - dans Collection Vents Contraires
commenter cet article
30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 08:32

Vient de paraître

Dans la collection de poésie « Vents Contraires », chez VOIX éditions :




Didier BOURDA

VOL STATIONNAIRE DU DRAGON


Dans le Far West vénitien, tandis que la voiture s’enfonce dans la chaleur de Porto Maghera. Au bord de la route, des bâtiments industriels, des colonnes de fumée et tous les cinq cent mètres, une prostituée. L’histoire défile à la surface. Il dit simplement qu’un terrorisme d’Etat a existé dans les années soixante. Les activistes de ces années-là. En Italie et en Allemagne. Ne s’attardera pas sur son rôle au sein des Brigades rouges. Dit que c’est ça Venise.

A droite on aperçoit l’ancien local de l’Autonomie Ouvrière, à gauche devant une usine textile coule un canal qui mène à la lagune, au travers duquel les « camarades » tendaient des câbles pour empêcher les bateaux des briseurs de grève d’accoster. Les pneus, l’eau verte, le canal ; je me penche, je t’aperçois qui monte la garde devant l’usine et qui proteste…


C’est sans doute parce que c’est en premier lieu le corps qui voit les choses, et qui les sent, dit ce qu’il y a là, dans tout ce qui le touche, que Didier Bourda ne peut s’empêcher de jouer de son allure longiligne et souple lorsqu’il lit, avec son corps très présent, une poésie tout à la fois simple et engagée.

Gestuelle qui accompagne la parole. Le plus souvent en compagnie de l’accordéoniste Jesus Aured.

Il est depuis 2003 le directeur artistique de la manifestation Poésie dans les chais, en Jurençon.

Il a publié en 2009 : L’hygiaphone, à l’Atelier de l’Agneau.


ISBN 2-914640-86-2

86 pages ; 14 € (port inclus)

Commande et règlement à :

Alain Helissen, 53 rue de l’Entente 57400 Sarrebourg

(chèque au nom d’Alain Helissen)

Réception dans les 48 h.

Ce livre constitue la 28ième livraison de la collection Vents Contraires, animée par Alain Helissen chez VOIX éditions/Richard Meier.


Didier Bourda

VOL STATIONNAIRE DU DRAGON

Col. Vents Contraires ; VOIX éditions

Les missions se succèdent. Les lieux d’intervention varient. Cela commence par une opération de secours dans un col des Alpes. L’appareil, un dragon 64, est en vol stationnaire. En bas, les villageois avancent dans la neige, partis à la recherche de la victime. Le compte-rendu éclate en ses abréviations confuses ? De type « affaires », la deuxième mission transporte à Venise où a lieu l’inauguration du Palais Grassi. Sous les projecteurs, un homme d’affaires français, grand amateur d’art, ayant abandonné son projet de musée dans les anciennes usines Renault de Boulogne-Billancourt. Missions encore à Berlin, Prenzlauerberg, de type « Offshore services publics », ou à Venise, de type « sécurité/défense/opérations policières » et « servitudes médias ». Il est question des mouvements autonomistes allemands et italiens, des grands cartels du capitalisme mondial, des « grandes messes cathodiques », de scènes cinématographiques…

Didier Bourda, on l’aura compris, introduit la politique dans le champ poétique. C’est assez rare et pour le moins osé. Que peut la parole poétique face aux désordres du monde ? Que peut-elle, surtout, contre le déluge de mots et d’images que déversent quotidiennement les médias ? « Qu’écrire des poézi détend qui ainsi s’évadent », peut-on lire en fin de volume. Didier Bourda, en tout cas, ne se satisfait pas de la musique des mots, pas plus que du « chemin langagier » sur lequel il refuse de se laisser conduire. Son corps répond librement aux agressions d’un monde, précisément, peu respectueux du corps. C’est là, sans doute, la mission prioritaire de ce vol stationnaire du dragon.

Alain HELISSEN

Repost 0
Published by Alain Helissen - dans Collection Vents Contraires
commenter cet article
23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 09:42
Pour découvrir la collection de poésie "Vents Contraires" que j'anime chez VOIX éditions, je vous renvoie à une première anthologie, présentée et établie par mes soins, qui présente les 18 premiers auteurs publiés dans cette collection, à savoir :

Patrick Dubost, Jean-Pierre Bobillot, Alain Helissen, Hubert Lucot, Lucien Suel, Serge Ritman, Véronique Vassiliou, Michel Valprémy, Jérôme Game, Charles Pennequin, Claude Dehêtre, Joseph Bruchac, Georges Hassomeris, Jacques Sivan, Jacques Demarcq, Jean-Luc Lavrille, André Gache, Bruno Fern
.

L'anthologie "Force 18" présente, pour chacun des poètes cités, 2 pages extraites du livre paru dans la collection, ainsi que 3 pages d'un texte inédit.

L'ouvrage est disponible à mon adresse, au prix de 13 €, port inclus pour la France (règlement par chèque à mon ordre)

La collection "Vents Contraires" continue, avec, très bientôt, un livre de Sylvie Nève : Poèmes expansés

Alain Helissen
53 rue de l'Entente
57400 Sarrebourg


Pour connaître la liste complète des ouvrages paru dans cette collection, me contacter.
Repost 0
Published by Alain Helissen - dans Collection Vents Contraires
commenter cet article
14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 10:44
Vient de paraître
Dans la collection « Vents Contraires » dirigée par Alain Helissen
chez VOIX éditions/Richard Meier :

 

 

Mathieu NUSS

AGIO


L'Agio : versets escortant les coutures craquantes du quotidien, les rapports si variés si momentanés aux choses. On préfèrerait drôle à absurde. Investissement total de miettes de langage, charriages et vracs effervescents récupérés dans la course, symptômes qui montent en grade, ceux de quiconque peine à trouver ses repères, statut plus spéculé que trouvable, d'où l'amer sentiment-besoin de froisser la langue et les coutumes en vigueur.


Mathieu Nuss est né en 1980. Il dirige la revue Boudoir & autres, contribue régulièrement aux revues Po&sie et CCP. Il a fait paraître un premier livre, (une)Affirmation, aux éditions Ragage en 2006, et 2 tirages limités, Apartés (avecJean-Marc Scanreigh), et Al Mano (avec Georges Ball), chez Daniel Leuwers en 2007.



Avec des vignettes de Jean-Marc Scanreigh (30 ex. de tête, hors tirage courant)
ISBN 2-914640-83-8
Format : 14 x 21 cm
Pages : 64
Prix exemplaire courant : 13 € (port compris)

Prix de l'exemplaire de tête : 50 € (port compris)

Commande à :

Alain Helissen
53 rue de l'Entente
57400 Sarrebourg
règlement par chèque à l'ordre d'Alain Helissen


critique de "AGIO" par Bruno Fern ; publiée sur site libr-critique :
http://www.t-pas-net//libr-critique/?p=1338

[Livre-chronique], Mathieu NUSS, Agio, par Bruno FERN

16 09 2009

| Posté par rédaction | Catégorie : Livres reçus, UNE, chroniques |

Mathieu NUSS, Agio, vignettes de Jean-Marc Scanreigh, VOIX éditions / Richard Meier, collection « Vents Contraires », 2009, 64 pages, 13 €, ISBN : 978-2-914640-83-8.

Bruno FERN

Dans son deuxième livre (le premier est paru aux éditions Ragage) , Mathieu Nuss cherche à établir, en 7 blocs de versets, une différence avec les coutumes en vigueur, c’est-à-dire la valeur ordinairement accordée à la langue selon le taux communicationnel dont les exemples ne manquent pas : la langue de (grande) surface, tant « le discours publicitaire est devenu le maître des discours » (Dominique Quessada, L’Esclavemaître, Verticales, 2002), qui se rate elle-même à force se croire transparente. C’est ainsi que l’on pourrait comprendre, du moins en partie, le titre de l’ouvrage, comme ce plus espéré par l’investissement total de miettes de langage.

Indéniablement, il y a de l’emportement là-dedans (et même de la furie), ce qui suppose à la fois de la continuité, des fils tenables à travers reprises et variations (par exemple, celui des multiples passages entre les états solide et liquide qui évoquent aussi bien la forme du livre, à mi-chemin entre précipitation et concrétions), et des ruptures qui constituent autant de relances, oscillation multidirectionnelle qui renverrait en fin de compte à celle, fondamentale, entre moi & moi-démis-de-mes-fonctions.

Comme on le voit, l’humour n’est pas absent, conformément à ce qui est d’ailleurs souhaité en 4ème de couverture : on préfèrerait drôle à absurde – l’emploi du conditionnel soulignant la lucidité de celui qui, dès les premiers mots, n’essaie pas de masquer les limites de son entreprise puisque le grain de sable est partie prenante du mécanisme : « du lait du défaut dans le lait ayant fait croître l’armature visagée de la suite qui prend le relais maintenant échancre. »

En outre, une telle écriture enchevêtre subtilement les registres, du savant au trivial, avec une fréquence élevée du lexique relatif à l’organique où elle se désigne souvent elle-même : « choisir & altérer comme un grand cette proximité remplie de l’état animal » ; ou bien encore : « évitant ostensiblement le conduit préfabriqué c’est (s’) admettre végétal demandeur d’espaliers. »

En fait, chacun des versets pourrait être comparé à un cluster au sens musical du terme (surtout quand l’on connaît le vif intérêt que porte à ce domaine celui qui porte sa chemise couleur violoncelle pour se dédommager de ne pratiquer aucun instrument), mêlant toutes sortes d’éléments afin d’en tirer un accord si possible inouï : « déchets sonores (produits des conditions de résonance sans cesse changeantes) non sans y ajuster quelqu’onomatopées d’attache-vie elles couvrent temporaires & préfèrent recommencer ailleurs. »

Ainsi l’auteur tente-t-il à sa façon de parvenir à ce qu’il semblait se fixer comme objectif dans un texte critique paru antérieurement et qui portait le même titre : Voilà d’exemplaires poussées et repoussées qui fonctionnent en îlots de continuités sensitives, intimement organisées (Revue Po&sie, n° 116, septembre 2006).

Tags:editions-voix, fern, Nuss, poésie, versets

Repost 0
Published by Alain Helissen - dans Collection Vents Contraires
commenter cet article
12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 17:18
Vient de paraître
dans la collection Vents Contraires dirigée par Alain Helissen chez VOIX éditions/Richard Meier :


Jean-Pierre BOBILLOT
Y A-T-IL UN POÈME DANS LE RECUEIL ?


L'Histoire a joué un sale tour au Récit. Tour de langu', tour de riens. La mort des Mythes laisse libre cours à l'Imitation de N.-S. le Code Civil, au Romancier-« histo-rien (histrion ?) du présent « , ou pire...J'dégaine, j'dégoise. Limitations, perte(s) de mémoire, l'escriptoire est mité. Dit vain, clavier miteux. Écran nei-geux. Mais le divin est vindicatif : du coup-car c'en est un !-, l'Occident n'est plus qu'un accident, le Récit qu'une fiction, Je un autre & le Narrateur, ce bouffon, sa boussole affolée, sa bouffole assolée, pas fol ! tire son Joker : à court de big bang, il s'efface sous les improbables mas-ques de la Narratrice...L'Âne à rats, s'trisse ?...Accrocs d'langu', lapsus fati, ce n'est pas une calamité ! Narrathon ? Marration ? Thermopile ou Samoface ? Ou 100000 volt(e)s-faces ? Que voulez-vous qu'ça m'fasse ? Qu'le Ça m'fasse ? Déglingu'blues ou bluette ? De Babil en Babelles, d'Mégalo Bill en Rime à Belles, en restera-t-on baba ? Qu'elle églogue ! L'Égo mégote, déglotte : lui renverra-t-elle la baballe ? J'rengaine...On en verra, en tout cas, d'belles-en attendant,
VOTRE TEMPS EST BREF
SOYEZ PRÉCIEUX !


Jean-Pierre Bobillot : poète bruYant, creveur de Matelas (de Mots !), non-métricien tendance pro-Dada, enfonceur de clous, chercheur de pouX, pousseur de bouchon(s), se définit volontiers comme formaliste lYrique.
Y a-t-il un poème dans le recueil ? est le deuxième ouvrage qu'il publie dans la collection Vents Contraires, après Tombeau d'Isidore Ducasse (encore disponible) .

 


ISBN 2-914640-82-X
EAN 9782914640824
80 pages ; format 14 x 21
Prix : 13 euros port inclus

Commande à : Alain Helissen 53 rue de l'Entente 57400 Sarrebourg
Règlement par chèque libellé à l'ordre d'Alain Helissen
Livraison sous 48h

Contact : alain.helissen@tele2.fr
http://alainhelissen.over-blog.com

 

Repost 0
Published by Alain Helissen - dans Collection Vents Contraires
commenter cet article
26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 20:59

Dans la collection Vents Contraires-VOIX éditions-Richard Meier
dirigée par Alain Helissen

 


Béatrice Machet


DER DE DRE

Comme der de der, la dernière de toutes les guerres... et l'on sait bien que depuis cette fameuse guerre le monde n'est plus que bombardements, massacres, viols, tortures, déportations, camps, exodes, murs et frontières, ..... comme dernière époque d'une planète terre habitable puisque polluée et surpeuplée
Der de dre pour jouer avec les verbes et les néologismes qui au-delà du jeu donnent force et régénèrent l'usure du vocabulaire
der comme ouvert
dre comme fermé
der inaugure
dre répète et décale, offre l'écart dans lequel le sens et la langue vivent d'une autonomie nouvelle
Passer de der à dre pour renverser le mouvement de l'entropie, enrayer son mode de relation qui dévoie.
Der et dre pour conserver la capacité de s'insurger et de s'émerveiller, malgré ce qu'on a vécu, ce qu'on vit, ce qu'on sait du monde comme il va.

Béatrice Machet vit dans le Var. Son goût de l'écriture lui vient de la danse. Publiée dans de nombreuses revues, elle se produit beaucoup sur scène en collaboration avec des artistes de toutes les disciplines. Elle traduit également des auteurs américains de descendance « indienne ». On a pu lire, dans cette même collection, No borders du poète Abenaki Joseph Bruchac.


ISBN 2-914640-80-3
EAN 9782914640800

Format : 14 x 21 cm
84 pages ; prix : 13 euros franco de port
Commande et règlement (par chèque à l'ordre d'Alain Helissen)
à :
Alain Helissen
53 rue de l'Entente
57400 Sarrebourg

  
DER DE DRE, Béatrice Machet ; Col. Vents Contraires, VOIX éditions.

"Il eut la "der de der" (encore dénommée "grande guerre") puis il y eut Auschwitz et les autres atrocités du second conflit mondial. Des intellectuels se sont alors interrogés sur la possibilité de continuer à écrire de la poésie après de telles horreurs. B. Machet, à sa manière, reprend cette problématique et répond par l'affirmative. Mais suite à ce questionnement, la poésie ne saurait revêtir le même visage qu'auparavant.
Jouant des assonances, les néologismes (dont le plus heureux me semble être le "poéxister "page 42) , les inversions de lettres, créant presque un néolangage, B.Machet donne également à ses vers une configuration comme torturée, jouant avec audace sur l'interpellation - la reconquête, pourrait-on dire - de l'ensemble du miroir de page. Certes, elle exige de son lecteur un effort continu de réinterprétation, -elle est aussi traductrice, ceci pouvant expliquer cela -, tout en lui fournissant ça et là quelques indices bienvenus, mais cet effort de lecture ne permet que mieux de faire saisir tout le travail d'écriture poétique qui fut le sien. Parce comme elle l'écrit elle-même, la tâche de la poéie consiste à proposer : "pas de message mais du sens" (page 31).

Jean Grin
(paru en Suisse)

 


Alain Girard

DE L'OLIVE 

L'olive régulera comme baume, onguent, un champ d'énergie, elle sera foraine, car elle ose encore le voile d'une métaphore, d'un désir. Désir de donner à la langue son jus, sa pulpe - ô infimes -mais jus, mais pulpe pour qui la veulent goûter. Elle transporte, par émission de saveur. Elle échappe parfois quand on la veut saisir. Elle est l'ovale difficile à attraper, l'ogive furtive, voire le suppositoire aléatoire... Elle rebondit et c'est peut-être dans le rebond de la langue, par un coup de dents qu'il faut la voir mourir, la voir nourrir... Attention ! C'est un fruit à noyau ! C'est une drupe !

 

Alain Girard, né en 1958, vit et travaille à Nantes. Nombreuses publications en revues. Il a été membre du comité de rédaction de « Glyphes » et co-fondateur de la revue « Skriva » (1985-1995). Dernier ouvrage paru : « La langue en rouleau avalé », MeMo, 2002.

 

ISBN 2-914640-79-X
EAN 9782914640764

Format : 14 x 21 cm ; 80 pages ;
Prix : 13 euros franco de port
Commande
et règlement (par chèque bancaire à l'ordre d'Alain Helissen)
à :

Alain Helissen, 53 rue de l'Entente 57400 Sarrebourg

alain.helissen@tele2.fr
http://alainhelissen.over-blog.com
http://www.voixeditions.com

 

Repost 0
Published by Alain Helissen - dans Collection Vents Contraires
commenter cet article
21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 09:18
La collection Vents Contraires(VOIX éditions) vient de publier, en sortie simultanée, deux nouveaux ouvrages :


Germain ROESZ    


Bistrot lorgnette !
Bistrot lorgné


Il faut donner le principe de ces textes : être à un endroit (pour moi c'est généralement un bistrot).
Lire, enchaîner les mots rencontrés. Noter. Parfois un mot est pris au loin, au plus loin, puis, je retourne (le regard) à la table du bistrot pour un autre mot noté dans la mémoire inconsciente. Pour un autre fragment. Parfois lire à l'envers, décrypter. Lire à la limite de la myopie. Je n'invente pas. Ce que je ne vois pas je ne le note pas (c'est perdu). L'exercice est difficile. De l'attention. De la concentration. Les bruits alentour disparaissent. Parfois passe un bus, les panneaux publicitaires bougent. Des mots dans des miroirs, au travers des vitres.
Même cette notation échappe au réel. Les mots zappent, zippent, je dérape sur les mots. Les mots râpent sur moi.
Parfois je me contorsionne pour voir un mot, le mot. Le serveur me regarde d'un drôle d'air. Juste noter ce qu'on voit comme mot inquiète. Noter l'inquiétude.
Parfois le mot s'impose.
Enfin.
G.R.

ISBN 2-914640-76-5
EAN 9782914640763
80 pages ; format 14 x 21
prix : 13 € port compris
COMMANDE
à adresser à Alain Helissen 53 rue de l'Entente 57400 Sarrebourg


NOM___________________________Prénom_____________________________________

ADRESSE__________________________________________________________________

 

Commande exemplaire(s) de bistrot lorgnette ! bistrot lorgné pour un montant de...

(règlement par chèque à l'ordre de Alain Helissen)


David CHRISTOFFEL


TRACTIONS WAH-WAH


Après la guerre, celui qui s'était pris pour le général pendant tout le temps n'a pas laissé là son goût de la conquête. Il trompait le temps son ennui son génie à enrôler l'ennemi.

Là-dessus, un chef de service peut fonctionner comme un général.

D'autant mieux décalqués, les soldats de part et d'autre se retapaient des nouveaux critères de fatigue. Pendant ce temps, les pianistes avaient toujours autant l'air de ne pas regarder les poètes polémologues.
______________

David Christoffel fait des opéras parlés : Le Déchante-Merdier en 1999, Goulu pas parterre en 2002, Le Fin fond en 2003, Lamento sans les poils en 2005, La Cigale et la Cigale en 2008.
Compositeur, il collabore à ARTE radio, aux ACR de France Culture, aux résidences de Tapage Nocturne sur France-Musique et surtout à des radios libres.
Chercheur, il travaille à l'EHESS sur Satie.
Poète, il publie dans les revues Doc(k)s, CCP, Il Particolare, Action restreinte...
L'intégralité de sa production est indexée à l'adresse : http://www.dcdb.fr

ISBN 2-914640-75-7
EAN 9782914640756
80 pages ; format 14 x 21 cm
Prix : 13 € port compris

COMMANDE
à adresser à : Alain HELISSEN 53 rue de l'Entente 57400 Sarrebourg


NOM_____________________Prénom___________________________________________

ADRESSE__________________________________________________________________

___________________________________________________________________________

commande......exemplaire(s) de Tractions wah-wah pour un montant de.......euros.
(à régler par chèque à l'ordre de Alain Helissen)


article d'Olivier Quintyn 
publié dans CCP N°17, mars 2009.

Depuis son opéra parlé Le Déchante-Merdier (199), adapté du livre de Jacques-Henri Michot  Un abc de la barbarie, l'oeuvre déjà abondante de Christoffel se déploie avec une belle ampleur et le souci constant de faire se conjoindre, dans le même espace de questionnement, le travail textuel, la poésie sonore et la plastique musicale. Les moyens mis en oeuvre ne sont toutefois pas ceux de la surenchère technique, ni ceux de l'addition effrénée des modes opératoires propres à chaque pratique réinvestie. Dans ses partitions pour piano inspirées par des textes de Tarkos, on ne trouvera nulle trace d'esthétique post-IRCAM, ni même de déconstruction kagelo-cagienne du système de notation musical ; à peine des suggestions de jeu pour le pianiste, dans la lignée du Satie de Sports et divertissements, viennent-elles accentuer le caractère tantôt fantaisiste, tantôt modulaire et répétitif, de la ligne phrastique, souvent affranchie de la densité de la pâte-mot  tarkossienne. Cette même démarche, sous le signe du suranné productif, préside à l'opus textuel Tractions Wah-Wah, du nom de la pédale d'effet vocalisante appliquée à la guitare : encadrés de prose, fragments de réflexions sur la musique et éclats de vers dessinent une écriture narquoise et distante vis-à-vis du contemporain.

Repost 0
Published by Alain Helissen - dans Collection Vents Contraires
commenter cet article
3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 22:57
 
Dans la collection Vents contraires
dirigée par Alain Helissen
VOIX éditions/Richard Meier
 
 
 
  Jérôme BERTIN
  FRAGMENTS DU CARNAGE
 
 
Enrichi de 4 dessins en couleur d’Anne Van Der Linden
 
 
 
Fragments du carnage s’inscrit dans la perspective de développement d’une para-poésie, d’une poésie de genre, entreprise depuis quelques années déjà par Jérôme Bertin. Après la prose poétique, Babylone-centre (Le Corridor Bleu) et Round 99 (Al Dante), l’auteur revient au vers libre avec Zyklon B Zombie (à paraître), et aujourd’hui Fragments du carnage, pour décrire son univers de série B. Il y donne à voir, comme dans ses précédents travaux, un monde chaotique, apocalyptique, aussi glauque que kitch, au bord de l’explosion, ou la drogue, le sexe, le crime ont pris le pouvoir.
 
Jérôme Bertin est né en 1975 à Limoges.Il vit aujourd’hui à Lille .Il a collaboré à de nombreuses revues, telles que Nioques, Java, Action Poétique, Fusées, Evidenz.
 
ISBN 2-914640-73-0
EAN 9782914640732
60 pages ; format 14 x 21 cm
Prix : 13 euros, port inclus.
 
Commande
à adresser à : Alain Helissen 53 rue de l’Entente
57400 SARREBOURG
(règlement par chèque à l’ordre d’Alain Helissen)
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 
NOM________________________Prénom________________________________________
 
ADRESSE__________________________________________________________________
 
 
Commande ____exemplaire(s) de Fragments du carnage pour la somme de _____euros


-extraits-

voilà pour ce qui concerne l'honneur bourgeois
une exposition de soldat mort a lieu
dans la salle à vom/
t ir(s) de mortiers +
paysages déformés par crises de manque
voix reconstituée de
jack the ripper
"god damn them"
barricades de crânes et de
lamborghini coun-
tach(e) de merde sur le saint suaire
regard interdit minaude :
"je serai ta petite pute bien sage"
passe en boucle dans l'air marron des
cabinets ministériels comme cible n°1
la rencontre de ses cuisses et du métal
débile 28 :
"notre père noël qui êytes aux cieux"
sept mômes pourrissent dans sa toile glu-
ante christ superstrar pause pour
voici vêtu d'une peau de nègre jean paul gauthier
générique de maguy vs
entombed
 un volontarisme esthétique déclarant la guerre
colombes rôties exhalent une odeur de merde
hagards
enfermés dans une daube de rom-
éro(s) tartare +
respiration saccadée de la victime aux abois
(...)


articles


t-on pomper si punk veto

à l'occasion de la parution de Fragments de carnage de Jérôme Bertin / collection Vents contraires de Voix éditions

Ce n'est donc pas vrai qu'il n'y a plus rien à faire. On peut même faire papys du grunge d'avant et ressortir sa collection de Boxon et causer sur l'évolution des écritures. Il faut dire qu'on avait nos petites habitudes. La discographie de Jérôme Bertin pour exemple : dans Boxon 17, le canal culturel bien assez bourré, les références égales sous bien des points de vue, surtout les plus importants, dès qu'elles commencent à bien vouloir s'exploser. Rappel du début :

« Est un punk Egon Schiele corps torturés corps-démence Est un punk Schonberg dissonances fractures Est un punk Vincent Van Gogh se tranchant une oreille Sont des punks David Cronenberg adaptant Crash de J.G. Ballard et David Lynch faisant tomber des embryons du plafond dans Eraserhead Est un punk Allen Ginsberg qui demande à Peter Orlovsky d'ausculter son anus attaqué par des vers Est un punk Erik Satie jouant convulsions Embryons desséchés Sont des punks les Sex Pistols et les enfants du prince Charles arborant la croix gammée pour faire chier leur petit grand monde de merde [...] »

Le punk est donc tout sauf une réduction générique. Quant au texte trash qui remet les pendules à l'heure en commençant par casser les cadrans, s'il a bien sûr beaucoup de mérite, il a quand même des ressorts prosodiques remâchés, mais c'est aussi un type d'occasion dans lequel on a maintenant quelques habitudes. Parce que c'est vrai que le langage a bien cherché qu'on lui fasse cette violence là. Même les airs anthologiques qui jaunissent les fameux poèmes modernes : « il a deux trous rouges à la place du cul »1. Ce n'est pas parce que nos grand-mères commencent à se faire à l'idée que ce pourrait être moins vrai. Même si, à force, c'est facile à dire et même si, bien sûr, ça n'empêche que la décharge vengeresse et fera bien dire que l'auteur fait toujours bien de déconstruire à ce point-là.

Et même si la forme d'arrivée a ce quelque chose de chantage à bien attraper ringard qui se laisserait glacer par un décharné si poussé. Si la chronologie de son catalogue doit poser Fragments de carnage comme le retour de Jérôme Bertin au vers libre, c'est qu'il y a quelques détails de forme à redébattre. On comprendra donc que l'auteur a dû s'hypersensibiliser au carnage et pour cause : « le cauchemar est le seul mode de lucidité »2. Comme ce sont des fragments qui en ressortent, on pourra toujours craindre d'avoir une collection de joyaux, ce ne seront donc jamais que quelques vers un peu moins hétéroclites qu'espérables et notoirement pas soucieux à se peaufiner genre bien-sentis. D'ailleurs, la variété des niveaux énonciatifs est matérialisée presque redite par des codes typographiques très réglés : prélèvements heurtés et généraleries en gras, citations synthétiques en italique, phrases automatiques peut-être même le décrochage entre guillemets. À force, interrompu jamais que par les dessins crus tandis que cocasses quoique remués d'Anne Van der Linden, le respect des règles permet à la trame verticale de se détendre pour faire se tamiser les énoncés. Et c'est là que c'est formidable. Que les fragments puissent avoir des vacillements aussi significatifs, cela valait le coup de revenir en terrain sémantique, même s'il n'y a toujours rien à en attendre de moins carnage. Et pour cause : « notre chemin sera vertical »3. C'est donc pas rien si l'interlignage est aussi régulier. « dans un lieu sordide genre 1975 »4, ce type de suspension bonne à tout faire au point qu'il pourrait se passer des choses terribles, qu'il y a donc une ambiance intenable même si, pour le reste, il ne se passe pas forcément des choses si terribles dans le détail, au seul point de vue du fragment par fragment - alors que, bien sûr, le thème de la drogue, les voix de goering, aliagas, willis, zitrone, docteur doug ross, « voix d'outre tombe et de guy lux »5, « mike brant olympia 71 »6, « voix vaudeville dernier round »7, « voix reconstituée de jack the ripper »8, « voix de brad pitt dans 12 monkeys »9, burroughs et le stade oral dans tous les sens de l'avilissement même pas irréversible : « le prêtre-non officie en string léop/ d ard au garde à vous il dépose l'acide / sur la langue des fidèles »10, « un CDD de bouffeur de queues américaines »11, « "vous reprendrez bien un verre de foutre" »12. Autre exemple de dite phrase automatique décrochement : « "vos paupières sont lourdes vous ne pouvez plus dormir" »13, si bien qu'au-delà du discours automatique, même l'hypnose est devenue impraticable et, d'ailleurs, insomniaque. « "vous vous croyez dans un train de la vie" »14 tellement vrai que la misère sociale même la routine se donne pour un drame une certaine épaisseur destinale. On pourrait dire auto-expréciativement le « "voici notre base de données de bruits empoisonnés" »15. Un dernier fait formel pour la route : les enjambements suraccidentés. Par exemple : « sexe de nourris- / son hypertrophié »16 ou, plus technique : « yeux livides incrustés dans le plafo- / n (i) d de frelons de la culotte »17, voire sciemment pas tout à fait illisible, de ces encastrements en place de retraits efficaces et pas plus fiers que ça à cause de la hauteur de l'effet enchaîné : « slips ouverts génitaux flipf- / lapant la semence noire du reproducteur en chef / le nef plein de schnouf coupée / avec du détergent à ch/ / f iottes bas barbelés glaviottent »18. Mais, le même fait oblige de relever quand le procédé se fait parfois nettement plus chaffouré de sa froideur : « aux 400 coups le séducteur de petites f/ / b illes troquées contre came / le visage du futur crève les yeux ». Si les thèmes sont tellement emboîtés, au-delà du labeur prosodique, c'est donc un fait du carnage : « poupée russe mussolini / "dites haaaaaaaaaaaa" / il enfonce le canon dans la bouche à pipe / entame un va-et-vient sensuel »19 décidément ce que la pornographie n'est même plus le problème : « banque d'images X / fragments d'une grammaire nouvelle de l'agression »20 Et sur les rapports entre misère et délinquance sexuelles, cf. Antoine Hummel, « dettedeladette », revue Enculer n°3, Rennes, association Chien, 2008, p. 49-53, suite à « l'officier éjacule dans doudou de latex »21. Donc, il y a bien une cosmologie très cohérente là-dessous ou qu'importe s'il y a bien quelques vers qui ressemblent à des énoncés gras évasés de surétiration tel « l'homme sécrète du désastre »22 et ne pas compter dessus pour que ça rentre dans le détail. De toute façon, il y a bien un rapport entre l'obligatoire de la concaténation énonciative et « "regarde-moi quand je te baise" »23. C'est ça la poésie : l'avantage, c'est quand tombe dessus, c'est donc pas pour s'appuyer. Sur ce, on trouverait que le carnage... et charognards les qui voudraient les anecdotes en plus. C'est dire qu'un effet du carnage tient dans la tendance de la langue à aimer les codes y compris quand on lui a rien demandé : « cadavres de chats + pneus déferlent »24 ou, d'un autre niveau, le n'importe quoi de l'ère culturel, « générique de maguy vs entombed »25, devrait même - « sifflements de trains de la mort vs. / steve reich »26 - participer de la vitesse à laquelle les choses qui finissent par s'entreprendre « "il y a votre propre voix au bout du fil' »27 et c'est normal que le lecteur finisse par s'y entendre parler « torture viols ratonnades et + si aff »28 et tu parles que c'est celui qui dit qui : déforestation des supports d'oxygénations psychanalytiques.

David Christoffel

Publié le 21 avril 2008 sur site plexus-s 

1 Jérôme Bertin, Fragments du carnage, Elne, Voix éditions, collection Vents contraires, 2008, p. 25.
2 Ibid., p. 49.
3 Ibid., p. 7.
4 Ibid., p. 5.
5 Ibid., p. 20.
6 Ibid., p. 25.
7 Ibid., p. 26.
8 Ibid., p. 30.
9 Ibid., p. 38.
10 Ibid., p. 43.
11 Ibid., p. 40.
12 Ibid., p. 19.
13 Ibid., p. 5.
14 Ibid., p. 7.
15 Ibid., p. 8.
16 Ibid., p. 8.
17 Ibid., p. 10.
18 Ibid., p. 11.
19 Ibid., p. 9.
20 Ibid., p. 36.
21 Ibid., p. 43.
22 Ibid., p. 48.
23 Ibid., p. 34.
24 Ibid., p. 18.
25 Ibid., p. 31.
26 Ibid., p. 39-40.
27 Ibid., p. 41.
28 Ibid., p. 41.


article de Dominique Quélen
publié dans CCP, N°17; mars 2009

Avec la précision d'un cadavre dévasté, ces "fragments d'une grammaire nouvelle de l'agression " poursuivent la tâche de l'horrible travailleur Jérôme Bertin, en vers cette fois, dont certains gros et gras comme des slogans. Para-poésie politique (voir le dernier vers), mais tout autant intime, ce qui en fait aussi le prix quand surgissent les "nouveaux-nés" d'un "lieu sordide genre 1975", et la "peine capitale de la naissance". Une invention constante et une  furia comica empêchent le discours de se figer, entre autres par la pratique d'une forme personnelle d'épenthèse qui relance les sens en les déréglant, et l'auteur se charge lui-même de détourner le cours de ce procès-verbal qui coule avec la violence et la cruauté des fluides corporels. Car "parler c'est mentir vivre c'est collaborer". Intenable aporie. Le lecteur en reste sonné. Quatre dessins liminaires d'Anne Van der Linden annonçaient la couleur.

Repost 0
Published by Alain Helissen - dans Collection Vents Contraires
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Alain Helissen-Poésie
  • Le blog de Alain Helissen-Poésie
  • : BLOG littéraire, ascendance "poésie". Vous y trouverez une présentation des ouvrages d'Alain Helissen mais aussi des ouvrages publiés dans la collection "Vents Contraires" qu'il anime chez VOIX éditions/Richard Meier. Actualités également du cycle de rencontres poétiques "Pontiffroy-Poésie" à la médiathèque du Pontiffroy à Metz. Et infos diverses.Liste des recueils et revues chroniqués.
  • Contact